Touadéra utilise la justice pour purger la fonction publique

Centrafrique : Quand Touadéra utilise la justice pour purger la Fonction publique
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Publié le 9 septembre 2026, l'article rapporte que le gouvernement centrafricain a récemment signé l'Arrêté n°139, une initiative majeure du ministre d'État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène. Cet arrêté établit une commission spéciale chargée d'examiner minutieusement les diplômes administratifs des fonctionnaires à travers tout le pays. Placée sous l'autorité directe du Procureur général près la Cour d'appel de Bangui, cette commission a pour mission de vérifier l'authenticité de ces documents et d'identifier toute irrégularité. L'opération est officiellement présentée comme une « traque aux faux diplômes », visant à assainir la fonction publique et à restaurer la crédibilité de l'administration publique centrafricaine. Cette initiative intervient dans un contexte où la question de l'intégrité des qualifications professionnelles est de plus en plus soulevée.

Coup de filet politique déguisé

Cependant, l'article allègue que les personnes visées par cette vaste opération sont principalement des militants du parti au pouvoir, intégrés à la fonction publique en récompense de leur loyauté et de leur soutien politique. Cette interprétation suggère que la campagne, bien que présentée comme une mesure d'assainissement, pourrait en réalité servir des objectifs politiques plus profonds. L'opération suggère également que l'objectif sous-jacent est de créer un climat de panique et d'incertitude au sein de l'administration. Ce climat viserait à encourager les agents aux dossiers fragiles ou ceux dont les diplômes pourraient être remis en question à abandonner volontairement leurs postes. Ceci permettrait ensuite leur radiation pour abandon de poste, selon la même source, évitant ainsi des procédures de licenciement plus complexes et potentiellement plus médiatisées. Cette stratégie permettrait au régime de se débarrasser discrètement d'individus jugés indésirables ou dont l'allégeance pourrait être remise en question.

Le système judiciaire sélectif

L'article affirme que le système judiciaire centrafricain fait preuve d'une sélectivité marquée dans le cadre de cette opération, épargnant les « véritables commanditaires » de la fraude au profit des employés de rang inférieur. Selon l'analyse rapportée, cette approche ciblée permettrait d'atteindre des objectifs politiques plutôt que de lutter efficacement contre la corruption à tous les niveaux de l'administration. La source suggère que la campagne, bien que présentée comme une mesure d'assainissement général, se concentrerait de manière disproportionnée sur la base de la fonction publique, laissant impunis ceux qui seraient à l'origine des réseaux de faux diplômes ou des intégrations douteuses à des niveaux supérieurs. Cette focalisation sur les agents subalternes soulève de sérieuses interrogations sur la réelle portée de l'opération et sur les motivations sous-jacentes à son application. Le manque de poursuites contre les instigateurs de ces fraudes, souvent mieux connectés, note les préoccupations concernant l'équité et l'impartialité de l'initiative.

Risques de colère future

L'article met en garde contre les conséquences potentielles de cette stratégie pour le régime en place. Il estime que le fait de traiter des partisans, qui ont contribué à la base de soutien du pouvoir, comme de simples criminels pourrait semer les graines d'une colère sociale et politique profonde et durable. Selon l'analyse rapportée, cette approche risquerait de retourner contre le gouvernement une partie significative de sa base de soutien, générant un ressentiment profond au sein de la population et des rangs de l'administration. La répression des agents, même ceux ayant bénéficié d'intégrations politiques, pourrait être perçue comme une trahison par ceux qui ont contribué à la loyauté envers le pouvoir et qui s'attendaient à une certaine protection. Cette situation est susceptible de créer des tensions durables au sein de la société centrafricaine, alimentant des frustrations qui pourraient se manifester à l'avenir sous diverses formes, potentiellement déstabilisantes pour le gouvernement.