Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et ancien Premier ministre, a révélé les détails d'un incident survenu fin février à Bangui. Selon ses déclarations, un bulldozer a délibérément percuté un véhicule de son convoi sur l'avenue du 15 mars. Le véhicule de construction serait apparu pour se diriger directement vers sa voiture. "C’était délibéré", a affirmé Martin Ziguélé, insistant sur le caractère intentionnel de l'acte. Le leader politique a également déclaré que "Nous ne sommes pas effrayés par l’arbitraire, nous nous battrons contre lui."
Rapport de gendarmerie et refus de remorquage
Un procès-verbal a été établi sur place par la gendarmerie après l'incident. Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), a refusé que le véhicule endommagé soit remorqué par la société propriétaire du bulldozer. L'ancien Premier ministre a choisi de faire remorquer la voiture par ses propres moyens, préférant gérer lui-même la suite logistique de l'événement.
Climat politique et inaction judiciaire
L'incident survenu fin février n'a, pour l'heure, fait l'objet d'aucune suite judiciaire officielle, selon les informations disponibles. Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), a souligné que cette situation s'inscrivait dans un contexte plus large d'inaction judiciaire. Il a fait état d'une plainte déposée par le MLPC devant le Tribunal de Grande Instance de Bangui, concernant l'utilisation frauduleuse du nom du parti par des individus depuis trois ans, sans qu'aucune audience n'ait encore été fixée. Cette plainte en attente de traitement illustre, selon lui, un dysfonctionnement général du système judiciaire. Martin Ziguélé estime que l'incident du bulldozer se produit dans un climat où la force brute et les menaces physiques supplantent le droit. Il a déclaré avoir choisi de ne pas engager de poursuites judiciaires concernant l'incident du bulldozer, affirmant qu'« Une procédure n’aboutirait jamais à rien ». Cette décision reflète un manque de confiance dans l'efficacité des voies légales actuelles face à ce qu'il perçoit comme des manœuvres orchestrées.
Contexte historique du MLPC
Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a été fondé en 1979. Cette formation politique a connu une période d'interdiction, étant bannie entre 1982 et 1992, avant de retrouver son activité. Par la suite, le MLPC a remporté les élections de 1993, marquant un moment clé dans l'histoire politique de la Centrafrique. Ce passé inscrit le parti dans le paysage politique national, où il continue de jouer un rôle, comme en témoignent les récentes déclarations de son président, Martin Ziguélé. L'influence historique du MLPC et de ses dirigeants en fait un acteur politique de poids dans le pays.
Décision électorale et vigilance
Martin Ziguélé rentrait des funérailles d'un camarade de parti dans le sud du pays lorsque l'incident s'est produit. Un militaire l'a dirigé vers une section de l'avenue du 15 mars, fraîchement asphaltée et ouverte depuis seulement deux ou trois jours. Le chauffeur a freiné et a fait une embardée, limitant les dégâts alors que le bulldozer s'encastrait dans le véhicule sans causer de blessures graves. L'intervention rapide du chauffeur a permis d'éviter un bilan plus lourd, le bulldozer s'étant encastré dans la voiture sans atteindre l'habitacle de manière critique. Martin Ziguélé et ses camarades ont décidé de ne pas participer aux élections présidentielles et législatives de décembre 2025, estimant que le scrutin n'était pas conforme aux règles de transparence et d'équité. Il a ajouté que « Nous devons rester vigilants dans cet écosystème », soulignant l'importance d'une surveillance continue de la situation politique. Cette non-participation aux élections de 2025 est un acte fort de la part du MLPC, qui dénonce ainsi les conditions actuelles du processus électoral. Le parti et son président maintiennent une position critique face aux pratiques qu'ils jugent contraires aux principes démocratiques.