La paralysie des chantiers de construction routière dans la préfecture de Bamingui-Bangoran est toujours en cours au 10 mai 2026. Cette situation préoccupante, qui perdure depuis plusieurs semaines, affecte directement le développement des infrastructures essentielles de la région. L'objectif principal de toutes les parties prenantes était d'assurer le retour des équipes sur le site afin de ne pas compromettre les délais de livraison établis pour ce projet d'envergure. Face à cette impasse, l'Office National du Matériel (ONM) a conclu unilatéralement que les travaux reprendraient le lundi 11 mai 2026. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes sur l'axe Ndélé-Ouadda-Maïkaga, où des préoccupations sécuritaires et logistiques pèsent lourdement sur l'avancement des infrastructures et menacent la stabilité de la région.
Contexte du blocage des travaux
Le blocage actuel des travaux concerne la section stratégique reliant Ndélé à Ouadda-Maïkaga, un segment vital pour la connectivité régionale. Cet axe routier, d'une longueur clé d'environ 200 kilomètres, est jugé essentiel pour la circulation des biens et des personnes dans la région de Bamingui-Bangoran, facilitant le commerce et l'accès aux services de base. Les travaux de génie civil se sont interrompus brusquement à quinze kilomètres du village de Boungou, laissant cette portion inachevée et entravant ainsi la progression du projet dans son ensemble. Le financement de l'ensemble du projet dépend directement de la Banque mondiale, acteur clé dans la réalisation de ces infrastructures et garant de leur achèvement. L'UNOPS est par ailleurs l'entité qui détient le contrat pour cette portion spécifique de la route, ce qui la place au centre des discussions et des attentes concernant la reprise des opérations. L'interruption prolongée des travaux met en lumière les défis complexes auxquels sont confrontés les projets d'infrastructure dans des zones sensibles, où les facteurs sociaux, économiques et sécuritaires s'entremêlent.
La conférence de conciliation
Face à l'urgence de la situation, une conférence conjointe s'est tenue le vendredi 8 mai 2026 afin d'aborder la situation tendue sur l'axe Ndélé-Ouadda-Maïkaga. Cette réunion capitale a rassemblé plusieurs acteurs clés concernés par le projet routier et la sécurité dans la région, dans l'espoir de trouver une issue favorable. Parmi les participants figuraient des personnalités influentes telles que le représentant résident de la Banque mondiale, dont le soutien financier est indispensable, le directeur général de l'Office National du Matériel (ONM), directement impliqué dans la gestion des opérations, des délégués de l'UNOPS, en charge de la mise en œuvre, et de la MINUSCA, garante de la sécurité. La présence du Sultan-Maire de Ndélé soulignait également l'importance de l'ancrage local et de l'implication des autorités traditionnelles. La diversité des entités présentes, allant des bailleurs de fonds internationaux aux agences d'exécution et aux autorités locales et onusiennes, soulignait l'urgence et la complexité des défis à résoudre pour la reprise effective des travaux.
Au cours de cette conférence, le directeur général de l'ONM a formulé une proposition concrète visant à débloquer la situation. Il a suggéré que les travailleurs reprennent leurs postes dès le lundi suivant, soit le 11 mai 2026, avec l'engagement formel de régler les deux mois d'arriérés de salaire à la fin du mois de mai. Cette proposition visait à relancer les activités sur le chantier tout en répondant aux préoccupations financières légitimes des employés. La relance des opérations est considérée comme essentielle pour éviter de nouveaux retards dans l'achèvement de cette infrastructure vitale, dont la finalisation est attendue avec impatience par les populations locales.
Revendications et accusations des ouvriers
La position des ouvriers impliqués dans les travaux routiers est au cœur de cette crise. Ces derniers n'ont pas perçu leurs salaires depuis deux mois, une situation inacceptable qui a directement conduit à l'arrêt complet des opérations sur le chantier. En réponse à cette problématique financière pressante, les travailleurs exigent la régularisation complète et immédiate de leur situation financière avant toute reprise de travail. Leur position est ferme, refusant catégoriquement de retourner sur les chantiers sans que leurs arriérés ne soient intégralement payés, arguant que les promesses passées n'ont pas été tenues.
Dans ce contexte tendu, les ouvriers ont pris des mesures concrètes pour exprimer leur mécontentement et accentuer la pression sur les parties prenantes. Ils ont notamment rapatrié le matériel lourd de construction vers Ndélé, marquant ainsi leur désengagement physique du site et rendant toute reprise de travail impossible sans la restitution de ces équipements. Au-delà des revendications salariales, les travailleurs ont également formulé de graves accusations. Ils accusent par ailleurs la direction générale de l'Office National du Matériel (ONM) de malversations internes qui auraient, selon eux, conduit directement à la rétention de leurs salaires et à la situation actuelle d'impasse. Ces allégations jettent une ombre sur la gestion du projet et compliquent davantage les efforts de conciliation. La résolution de cette crise nécessite non seulement le paiement des salaires dus, mais aussi une clarification des accusations de malversations pour restaurer la confiance entre les différentes parties.