Tensions en République centrafricaine : le gouvernement réprime la contestation sociale

Touadera avec des casques bleus rwandais
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Cinq responsables de la société civile ont été arrêtés à Bangui le 15 octobre 2026 par les autorités. Ces interpellations interviennent dans un climat de tension sociale grandissante au sein de la capitale centrafricaine. L'arrestation de ces cinq responsables de la société civile le 15 octobre 2026 marque un tournant dans la gestion de la contestation par les autorités locales, lesquelles cherchent à maintenir le contrôle sur les mouvements de rue.

Plusieurs groupes de la société civile avaient organisé une mobilisation prévue pour le 19 octobre 2026. Cette action de terrain devait faire suite à l'arrestation des cinq meneurs quelques jours auparavant. La préparation de cette manifestation du 19 octobre 2026 était perçue par les organisateurs comme une réponse nécessaire aux mesures d'interpellation menées contre leurs collègues. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution et l'Union pour le renouveau centrafricain suivent de près ces développements. Bienvenu Zokoué, Quentin Ngouando, Élysée Nguemale et Alain Nzilo observent les conséquences de ces mesures répressives sur les organisations locales. Le Centre Saint-Jean-XXIII est mentionné par les autorités dans le cadre de ce suivi des activités militantes. La surveillance exercée sur ces structures témoigne de la volonté gouvernementale de restreindre les espaces de concertation où pourraient se structurer les mouvements de contestation.

Une répression gouvernementale musclée

Bienvenu Zokoué, ministre de l'Intérieur, a publié une déclaration officielle le 18 octobre 2026. Ce texte accuse les membres de l'opposition de planifier des actions visant à déstabiliser les institutions de l'État. Dans cette communication, le ministre de l'Intérieur, Bienvenu Zokoué, note la détermination des autorités à prévenir toute tentative d'atteinte à la stabilité des institutions nationales en cette période de forte agitation sociale.

Le gouvernement centrafricain affirme que les opérations de type « villes mortes » sont directement liées aux partis politiques d'opposition. Ces mouvements, qui consistent à bloquer les activités urbaines, sont perçus par les autorités comme une manœuvre orchestrée par des figures politiques pour nuire à l'ordre public. Le gouvernement lie explicitement le recours aux opérations de type « villes mortes » à une stratégie délibérée des partis d'opposition pour paralyser la vie économique et sociale de Bangui.

Les autorités soutiennent également que des personnalités de l'opposition tentent actuellement de mobiliser plusieurs groupes sociaux pour paralyser le fonctionnement du pays. Selon ces allégations, les étudiants, les enseignants, les commerçants ainsi que les travailleurs du secteur des transports font l'objet de tentatives de recrutement militant. L'objectif prêté à ces figures d'opposition serait d'entraîner un arrêt général des activités publiques et privées à travers la capitale. En ciblant spécifiquement ces catégories socioprofessionnelles, le gouvernement affirme que les opposants cherchent à étendre l'impact de leurs revendications à l'ensemble du tissu social, créant ainsi un blocage systémique des activités privées et publiques dans la capitale. Ces accusations visent à discréditer les mouvements de contestation en les présentant comme des manœuvres politiques détournant les préoccupations légitimes des citoyens pour des fins de déstabilisation institutionnelle.