Tensions autour du financement du pont de Kouki

Inauguration du pont qui relie Kouki a Markounda
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Le pont de Kouki, situé à Bossangoa, s'est effondré il y a plus d'un an. Cette infrastructure routière a cédé sous le poids de camions lourds appartenant à des opérateurs miniers chinois. L'incident a interrompu la circulation sur cet axe majeur, entravant les déplacements et le transport de marchandises dans la zone. Depuis cet effondrement survenu en 2025, les autorités locales et nationales font face à des défis persistants concernant la reconstruction de cet ouvrage essentiel. L'absence de ce pont affecte directement les activités économiques et logistiques de la région de Bossangoa. Aucune solution de remplacement n'a été mise en place à ce jour pour pallier la destruction du pont de Kouki, laissant les populations locales dans une situation d'enclavement durable.

Le conflit sur les fonds

Le ministère des Travaux publics, dirigé par le ministre d'État Bertrand Arthur Piri, exerce une pression sur le procureur de Bossangoa pour obtenir le transfert de 7 millions de francs CFA vers Bangui. Ce montant, initialement récolté localement, fait l'objet d'un litige entre les autorités nationales et les responsables de la zone de Bossangoa. Le ministère des Travaux publics justifie cette demande en affirmant que ces fonds doivent être versés à l'Office National des Matériels. Selon les autorités ministérielles, cette allocation permettrait à l'Office National des Matériels de financer la construction d'un pont de remplacement sur le site de Kouki.

Les autorités locales de Bossangoa, incluant le directeur régional et le procureur public, ont pour leur part sécurisé ces 7 millions de francs CFA auprès des opérateurs miniers chinois impliqués dans l'effondrement initial. L'objectif déclaré par ces acteurs locaux lors de la collecte de ces fonds était la réalisation de réparations temporaires sur l'infrastructure endommagée. Cette initiative visait à rétablir une circulation minimale pour les populations avant la mise en œuvre d'un projet de reconstruction pérenne.

La gestion financière des ouvrages routiers dans cette zone a déjà fait l'objet d'interventions antérieures. La section des Affaires civiles de la MINUSCA a financé, par le passé, un projet de pont dans la même zone pour un coût total de 9 500 000 francs CFA. Ce précédent investissement note l'attention portée par les organisations internationales à la connectivité de cette infrastructure, alors que le conflit actuel sur les 7 millions de francs CFA bloque toute avancée immédiate sur les réparations prévues par les autorités locales de Bossangoa.