Tchad et RCA : Vers une transhumance pacifique

Des éleveurs transhumants en Centrafrique : image d'archives.
Photo via Radiondekeluka

Le Tchad et la République Centrafricaine (RCA) ont décidé d'unir leurs efforts pour une transhumance pacifique entre les deux pays. Cette initiative fait suite à une conférence dédiée à la transhumance, qui a réuni des acteurs des deux nations. L'objectif est de trouver des solutions durables aux défis liés aux déplacements du bétail et des éleveurs, souvent sources de tensions. Les discussions ont porté sur la mise en place de mécanismes de coopération transfrontalière afin de réguler et sécuriser ces mouvements.

Détails de la rencontre

La rencontre entre les deux États s'est tenue à Mbaïbokoum, au Tchad, à la fin du mois d'août. Des représentants de différents gouvernements ont participé à cette conférence, qui visait à aborder les enjeux de la transhumance transfrontalière. L'événement a rassemblé près de 600 acteurs du développement agropastoral, soulignant l'ampleur et l'importance des discussions pour les communautés concernées. Cette forte participation a permis d'engager un dialogue entre divers intervenants, incluant des autorités nationales, des organisations de la société civile et des leaders communautaires. Les discussions ont porté sur la mise en œuvre de solutions concrètes et durables pour une gestion apaisée des mouvements de bétail entre le Tchad et la République Centrafricaine.

Objectifs de la collaboration

La collaboration entre le Tchad et la République Centrafricaine vise à instaurer une transhumance régulée et pacifique, un enjeu majeur pour la stabilité régionale. L'objectif premier est de réduire les conflits liés aux déplacements des troupeaux. Ces tensions surviennent fréquemment lorsque les éleveurs traversent les frontières, entraînant des dégradations des cultures, des disputes foncières et parfois des violences entre communautés. Les autorités des deux nations s'efforcent de mettre en place des mécanismes de dialogue et de prévention pour anticiper et résoudre ces problèmes avant qu'ils ne dégénèrent.

Une autre priorité de cette coopération est de garantir la sécurité des éleveurs et de leurs bétails. La transhumance s'accompagne souvent de risques liés au banditisme, aux tracasseries routières et à l'insécurité générale dans certaines zones frontalières, telles que Bocaranga. En coordonnant leurs efforts, les États cherchent à sécuriser les couloirs de passage et à protéger les acteurs de cette activité économique essentielle. La démarche entend également formaliser les pratiques de transhumance, en établissant des règles claires et mutuellement acceptées. Ceci inclut la délivrance de documents nécessaires et le respect des itinéraires définis. L'initiative vise à transformer une source potentielle de discorde en un vecteur de développement économique partagé, profitant aux populations des deux pays.

Enjeux de la transhumance

La transhumance, pratique ancestrale d'élevage consistant à déplacer les troupeaux en quête de pâturages, représente un enjeu économique majeur pour le Tchad et la République Centrafricaine. Cependant, elle est souvent source de tensions, notamment en raison des conflits d'usage des terres entre agriculteurs et éleveurs. Ces frictions peuvent entraîner des violences, des pertes de vies humaines et de bétail, ainsi qu'une déstabilisation des communautés frontalières. La question de la sécurité des couloirs de passage et la gestion des ressources naturelles partagées sont également des défis constants. Les autorités des deux pays cherchent à réguler cette activité essentielle pour le développement agropastoral.