Un collectif de 18 syndicats centrafricains accuse Masua Gogi de mener des actions visant à saper les revendications syndicales présentées au président Faustin-Archange Touadéra. Ces divisions internes interviennent alors que les syndicats dénoncent des liens perçus entre certains de leurs dirigeants et les autorités politiques, affirmant que ces pratiques affaiblissent leur capacité à défendre les travailleurs. Cette situation met en lumière des tensions profondes au sein du mouvement syndical centrafricain, menaçant l'unité nécessaire à la défense des intérêts des employés et des fonctionnaires.
Le collectif de 18 syndicats centrafricains soutient que Masua Gogi est à l'origine de démarches destinées à compromettre les demandes formulées auprès du chef de l'État. Parallèlement, ces 18 centrales syndicales ont dénoncé publiquement ce qu'elles considèrent comme des liens entre certains dirigeants syndicaux et les autorités politiques, estimant que de telles pratiques nuisent à la capacité des organisations syndicales à défendre efficacement les intérêts des travailleurs. Ces allégations soulèvent des questions sur l'indépendance du mouvement syndical et sa capacité à maintenir une position unie et forte face au gouvernement.
Les revendications syndicales présentées au Président
Les revendications du collectif ont été officiellement présentées au chef de l'État Faustin-Archange Touadéra le 3 juillet 2026, à la Cité des chefs d’État. Cette rencontre s'est déroulée en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, soulignant l'importance accordée à ces discussions. Les 18 syndicats ont soumis un mémorandum détaillé au Président, exposant leurs principales demandes et les attentes des travailleurs qu'ils représentent. Ce document constitue la base de leurs négociations avec les autorités.
Le mémorandum inclut une demande d'augmentation de 40% des salaires pour les fonctionnaires et agents de l'État, une mesure jugée essentielle pour améliorer le pouvoir d'achat face à l'inflation et au coût de la vie. Il réclame également une revalorisation de 35% des pensions de retraite, afin de garantir une meilleure qualité de vie aux retraités. Parmi les autres points soulevés, les syndicats exigent la signature du décret relatif au statut général de la fonction publique, un texte dont l'adoption est en attente depuis 17 ans et dont la mise en œuvre est considérée comme clé pour la modernisation de l'administration publique.
Les organisations syndicales demandent par ailleurs le règlement des arriérés de salaires, une problématique récurrente qui affecte de nombreux travailleurs. Elles souhaitent aussi l'amélioration des équipements des structures sanitaires et le renforcement des compétences du personnel médical, des mesures destinées à améliorer l'accès et la qualité des soins de santé pour tous les citoyens. Enfin, les revendications comprennent le développement des routes et pistes rurales pour désenclaver les régions et faciliter les échanges économiques, la nomination d'enseignants qualifiés dans les structures éducatives pour garantir une éducation de qualité, et la construction de deux universités à Bouar et Bambari, afin de décentraliser l'enseignement supérieur et offrir davantage d'opportunités aux jeunes Centrafricains.
Accusations de manœuvres et de discrédit
Le collectif des 18 syndicats accuse Masua Gogi et la Coordination des organisations syndicales pour la consolidation des acquis sociaux (COSCAS) d'avoir adressé aux autorités politiques une lettre datée du 14 juillet. Ce courrier est présenté par le collectif comme contenant des informations jugées fausses, dans l'objectif de discréditer les 18 centrales syndicales et de saper la légitimité de leurs revendications. Cette manœuvre est perçue comme une tentative de diviser le mouvement syndical et d'affaiblir sa position de négociation.
Les organisations syndicales constituant le collectif soutiennent que les leaders de la COSCAS recherchent des avantages personnels. Ces avantages allégués incluraient des postes au sein de cabinets ministériels ou des représentations diplomatiques, selon les accusations du collectif. Ces accusations de collusion et de recherche d'intérêts individuels minent la confiance et exacerbent les tensions au sein du mouvement syndical, entravant la capacité des syndicats à présenter un front uni.
Les dirigeants syndicaux du collectif, de leur côté, invoquent les Conventions 88 et 98 de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Ces textes portent respectivement sur l'organisation des services de l'emploi et sur l'application des principes du droit d'organisation et de négociation collective, mettant en avant les droits syndicaux et la liberté d'association. En se référant à ces conventions internationales, ils cherchent à légitimer leurs actions et à noter l'importance du respect des principes fondamentaux du syndicalisme. Ils rappellent que ces conventions garantissent le droit des travailleurs à s'organiser et à négocier collectivement sans ingérence extérieure, des principes qu'ils estiment menacés par les actions de Masua Gogi et de la COSCAS.
Réactions et procédures judiciaires
Les accusations ont été formulées lors d'une conférence de presse tenue le 21 août 2026 à Bangui. Cette prise de parole publique a servi de cadre à la dénonciation des divisions internes et des manœuvres présumées, attirant l'attention des médias et du public sur cette crise syndicale. Auparavant, le 11 juillet, une réunion de débriefing organisée à la Bourse du travail avait permis aux leaders syndicaux de définir une stratégie commune face à la situation, préparant ainsi le terrain pour leur dénonciation publique. Une procédure judiciaire impliquant certains dirigeants syndicaux a été enclenchée. Elle a été initiée auprès de la brigade de gendarmerie territoriale sur instruction du parquet de Bangui, marquant une nouvelle étape dans cette affaire qui oppose les différentes factions syndicales et pourrait avoir des répercussions significatives sur l'avenir du mouvement syndical centrafricain.
Financement et organisation interne
Pour soutenir les activités du collectif, une contribution financière de 20 000 francs CFA est requise de la part des secrétaires généraux. Cette mesure vise à assurer le fonctionnement et le financement des actions menées par les syndicats, notamment les frais de déplacement, de communication et d'organisation des événements. Cette contribution est perçue comme un engagement concret des dirigeants syndicaux envers la cause commune et la pérennité de leurs revendications.