Réseau routier en Centrafrique : un défi persistant pour le gouvernement Moloua III

Route fortement dégradée dans le nord-est de la Centrafrique.
Photo: RNL/Martial Steve Mbetissinga via Radiondekeluka

Plus de cent jours après l'installation du premier gouvernement de la 7ème République, dirigé par Félix Moloua, l'état du réseau routier en Centrafrique demeure une préoccupation majeure dans l'intérieur du pays. Cette situation persistante met en lumière les défis auxquels est confrontée l'administration actuelle, notamment en matière d'infrastructures de transport. Le gouvernement de Félix Moloua a annoncé son intention de réhabiliter plus de 1 400 kilomètres de routes à travers le territoire national. Cet objectif ambitieux vise à améliorer la connectivité et à faciliter les déplacements dans un pays où les infrastructures routières sont souvent dégradées et où le réseau routier national compte moins de 4% de routes bitumées. Les efforts se concentrent sur la modernisation des axes essentiels pour le développement économique et social, un enjeu clé pour le désenclavement des régions.

Routes en piteux état

Plusieurs axes routiers, notamment ceux reliant la Haute-Koto à l'Ouham, connaissent une dégradation accrue en raison des pluies saisonnières. Ces conditions météorologiques exacerbent l'état déjà précaire des infrastructures, rendant les déplacements extrêmement difficiles dans ces régions intérieures du pays. La situation est particulièrement critique sur la route reliant Bambari à Bangassou, où les difficultés de circulation pénalisent lourdement le transport de marchandises. Ce tronçon vital pour l'acheminement des biens est devenu un goulot d'étranglement majeur. Des camions restent parfois bloqués pendant plusieurs semaines sur l'axe Bambari-Bangassou, interrompant l'approvisionnement et ayant des répercussions significatives sur l'économie locale et la vie des populations. Ces blocages prolongés entravent non seulement le commerce, mais aussi l'accès aux services essentiels pour les communautés isolées.

Impacts sur les populations

La dégradation des routes a également des conséquences directes et souvent dramatiques sur la santé des habitants. Sur l'axe Mbaïki-Boda, par exemple, la détérioration de l'infrastructure routière entrave l'évacuation des personnes malades vers Bangui, la capitale. Cette situation compromet gravement l'accès aux soins d'urgence et aux services médicaux spécialisés pour les populations de ces régions, augmentant les risques sanitaires. Les retards dans les évacuations médicales peuvent avoir des conséquences fatales, soulignant l'urgence d'une intervention sur ces infrastructures.

Pour faire face à ces défis considérables, le gouvernement centrafricain a lancé un programme de réhabilitation de plus de 1 400 kilomètres de routes. Ce programme est soutenu financièrement par la Banque mondiale, dans le cadre du Projet d'Urgence de Restauration des Infrastructures et de la Connectivité. L'objectif est d'améliorer significativement les conditions de transport et de désenclaver des zones clés du pays, facilitant ainsi l'accès aux marchés, aux écoles et aux centres de santé. Ce projet représente un investissement clé pour le développement futur du pays.

Témoignages et attentes

Le réseau routier national de la Centrafrique compte moins de 4% de routes bitumées, ce qui illustre l'ampleur du défi en matière d'infrastructures. Après plus de 100 jours de gouvernance, les populations de l'arrière-pays attendent toujours la concrétisation des projets annoncés sur le terrain. La dégradation des infrastructures a des conséquences directes sur les délais de déplacement, transformant des trajets de quelques jours en de véritables odyssées. Le trajet entre Bangui et Bangassou, par exemple, peut durer au minimum trois à quatre mois, et même dépasser six mois pour certains voyageurs, en raison des difficultés de circulation et de l'état des voies. Ces retards prolongés affectent lourdement le quotidien des habitants, l'économie locale et la cohésion nationale. La patience des populations est mise à rude épreuve face à ces conditions de vie et de déplacement extrêmes.