En République Centrafricaine, l'administration transforme actuellement des boutiques de téléphonie mobile en postes de contrôle de police, cherchant à compenser ses faiblesses technologiques par une surveillance de proximité. Cette stratégie de surveillance de proximité est déployée pour pallier le manque de moyens technologiques avancés, permettant ainsi aux autorités d'exercer un contrôle plus direct et plus personnel sur la population. Des opérateurs privés sont réquisitionnés en tant qu'auxiliaires d'une justice politique qui privilégie la traque des utilisateurs de réseaux plutôt que celle des groupes armés. Ce recours à des entités privées pour des missions de sécurité étatique soulève de sérieuses questions quant à l'indépendance de ces entreprises et aux droits des citoyens. Ces informations ont été publiées le 31 août 2026.
Surveillance accrue via les cartes SIM
Les autorités centrafricaines ont donné instruction à l'Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) de contraindre les opérateurs de téléphonie mobile à transformer chaque carte SIM en un instrument de géolocalisation pour les services secrets. Cette mesure s'inscrit dans un cadre de surveillance renforcée, visant à étendre le contrôle gouvernemental sur les déplacements et les communications des citoyens. La pression exercée sur l'ARCEP vise à systématiser la capacité de traçage, transformant ainsi les infrastructures de communication en outils de renseignement. Cette directive marque une étape supplémentaire dans l'utilisation des technologies mobiles à des fins de surveillance étatique en République Centrafricaine, créant un système où chaque abonné est potentiellement une cible de suivi. L'objectif est de pouvoir identifier la position géographique des utilisateurs à tout moment, sans nécessiter de mandat judiciaire spécifique, ce qui accroît considérablement les capacités de renseignement des services secrets.
Centralisation des données et répression de la dissidence
Le ministère de la Justice et le parquet ambitionnent de créer un fichier centralisé. Ce fichier lierait les commentaires politiques aux adresses physiques et aux noms civils des individus, selon les informations disponibles. Cette initiative représente une tentative flagrante de réprimer toute forme d'opposition ou de critique. La politique administrative vise à étouffer la dissidence en rendant le coût de la critique politique trop élevé pour les familles. Les autorités pénalisent l'économie numérique naissante et découragent l'innovation. Elles ne tolèrent ni la satire ni la contradiction, selon ces mêmes sources. En ciblant directement les familles des dissidents, le gouvernement cherche à exercer une pression sociale et économique maximale pour garantir la conformité. Plutôt que de favoriser un environnement propice à la croissance et à la liberté d'expression, ces mesures entravent le développement du secteur numérique, essentiel pour l'avenir économique du pays. La centralisation des données personnelles et des opinions politiques dans un fichier unique pose un risque majeur pour les libertés individuelles et la protection de la vie privée.
Dérive vers un État policier
L'alliance forcée entre le régulateur des télécommunications et les parquets locaux confirme une dérive vers un État policier, selon les informations disponibles. Cette collaboration institutionnelle vise à transformer les infrastructures de communication en instruments de contrôle étatique. Le Haut Conseil de la Communication (HCC) demande la fin de la vente libre des cartes d'accès aux réseaux. Cette mesure a pour objectif de restreindre l'accès des citoyens au monde extérieur. Elle s'inscrit dans une logique de limitation des flux d'information et de contrôle des communications, renforçant ainsi le pouvoir des autorités sur les échanges numériques. La démarche du HCC vise à isoler davantage la population en limitant les moyens de communication non surveillés, ce qui pourrait avoir des conséquences graves sur l'accès à l'information et la capacité des citoyens à communiquer librement. Cette restriction de la vente des cartes SIM est une étape clé dans la mise en place d'un système de surveillance généralisée, rendant toute communication anonyme ou non enregistrée quasi impossible. La combinaison de ces mesures institutionnelles et technologiques dessine un tableau inquiétant pour les libertés fondamentales en République Centrafricaine.