Le Conseil des ministres s'est réuni le 24 mars 2026 en République Centrafricaine, occasionnant l'attribution de plusieurs permis miniers et l'approbation d'une raffinerie, des décisions qui soulignent l'orientation du gouvernement vers une exploitation intensive des ressources naturelles du pays. Au cours de cette séance clé, quatre permis pour l'exploitation du minerai de fer ont été accordés à Poxine International Company, couvrant des régions stratégiques telles que Bambari, Yaloqué, Bozoum et Baboua. Parallèlement, la société Sogé Mine a obtenu quatre permis l'autorisant à extraire un éventail diversifié de minerais, incluant le cuivre, l'or, les diamants et le fer, dans les localités de Ngandé, Alindao, Karno et Bouka. Enfin, l'approbation de la construction d'une raffinerie d'or pour Fortifive de Saoudima a également été prononcée lors de cette séance, marquant une étape potentielle vers une valorisation locale des métaux précieux.
Vifs accords pour l'exploitation des sous-sols
Le ministre des Mines, Ruffin Benam Beltoungou, a été au centre de cette session, présentant un total de dix dossiers devant le Conseil des ministres pour approbation. Parmi les décisions notables, un permis d'exploitation d'uranium a été spécifiquement accordé à la société Safir Energy pour la localité de Bakouma, une zone connue pour son potentiel minier. Plusieurs autorisations d'exploitation industrielle de petites mines ont été octroyées à trois entreprises différentes, témoignant d'une volonté d'élargir le cercle des opérateurs miniers. Amto Mining, Anxine et Abeka Mining figurent parmi les bénéficiaires de ces permis, leur permettant de lancer ou d'intensifier leurs activités. Ces décisions s'inscrivent dans une série d'accords visant à intensifier l'extraction des ressources minérales du pays, englobant des substances variées au-delà des métaux précieux et des diamants, et reflétant une politique d'ouverture aux investissements dans le secteur.
Réformes administratives et renforcement du contrôle
Dans la continuité de ces décisions d'attribution de permis, des mesures de réorganisation administrative ont également été prises pour mieux encadrer l'activité minière et renforcer la gouvernance du secteur. Un Secrétariat permanent pour la certification des substances minérales a ainsi été créé, une initiative clé visant à renforcer la traçabilité des ressources extraites et à lutter contre les flux illicites. Parallèlement, la police des mines a été transformée en une direction générale, marquant une volonté de consolider son rôle et ses prérogatives dans le contrôle des opérations minières sur l'ensemble du territoire. Ces initiatives s'accompagnent de changements structurels au sein de l'administration, avec la démolition d'un ancien bâtiment ministériel pour la construction d'un nouvel édifice bureaucratique. Cette modernisation des infrastructures est censée symboliser une nouvelle ère pour l'administration du secteur minier, avec des installations plus adaptées aux défis actuels.
Contraste entre richesses minières et pauvreté persistante
Malgré cette frénésie d'octroi de permis et les réformes annoncées, la situation économique et sociale du pays reste préoccupante. Depuis 2016, les Conseils des ministres ont systématiquement approuvé de nombreux permis, tandis que la fraude et la contrebande continuent de sévir dans le secteur minier, sapant les efforts de développement. L'or est désormais la principale source de revenus d'exportation pour le pays, ce qui devrait en théorie générer des bénéfices substantiels pour la population. Cependant, en dépit de ces richesses minérales considérables, les régions abondantes en fer, uranium ou diamant restent paradoxalement caractérisées par une pauvreté endémique et une insécurité persistante. Les données sont alarmantes : plus de 65% des Centrafricains vivent dans une pauvreté extrême, dépourvus des infrastructures de base essentielles telles que l'accès à l'eau potable, à l'électricité ou aux services de santé et d'éducation. Cette dichotomie entre l'abondance des ressources et la précarité de la population soulève des questions fondamentales sur la gestion des revenus miniers et leur redistribution. La cérémonie d'investiture du président est prévue pour le 30 mars, un événement qui pourrait marquer un tournant ou, au contraire, confirmer la poursuite des dynamiques actuelles.