République Centrafricaine : Dialogue rompu avec une milice après une prise d'otages

La République Centrafricaine a suspendu le dialogue avec la milice Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) après l'enlèvement du sous-préfet de Bambouti et de trois autres personnes. Cette position a été exprimée par Albert Yaloké Mokpème, porte-parole de la présidence. Les ravisseurs ont agi en marge des élections groupées, marquant une rupture dans les tentatives de rapprochement avec ce groupe armé. L'enlèvement, qui a eu lieu il y a plus de sept mois, a profondément affecté les relations entre le gouvernement et l'AAKG, conduisant à cette décision radicale de la part des autorités.

Précisions sur l'enlèvement

L'enlèvement du sous-préfet de Bambouti et de trois autres personnes est survenu plus de sept mois avant la date du rapport de l'article, soulignant la persistance de cette crise. Les ravisseurs ont ciblé spécifiquement le sous-préfet de Bambouti, le commandant de brigade de la gendarmerie et deux agents de l'Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANE) le 28 décembre 2025. Ces individus ont été enlevés dans la région du Haut-Mbomou, une zone déjà confrontée à des défis sécuritaires. L'incident s'est déroulé sur les marges des élections groupées, un contexte qui a pu être exploité par la milice Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) pour mener son opération. La nature et la portée de cet enlèvement ont rapidement soulevé des préoccupations quant à la sécurité des fonctionnaires et des civils dans cette partie du pays.

Position présidentielle ferme

La présidence de la République centrafricaine a affirmé qu'il n'y aura plus de dialogue avec le groupe Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG). Albert Yaloké Mokpème, porte-parole de la présidence, a déclaré ce mercredi 29 juillet que le Chef de l'État excluait toute négociation avec cette milice. Cette position ferme intervient après l'enlèvement du sous-préfet de Bambouti et de trois autres personnes par l'AAKG. M. Mokpème a précisé que la décision de rompre le dialogue est une conséquence directe de l'action de la milice, qui a gravement compromis la confiance nécessaire à toute discussion. Le porte-parole a insisté sur le fait que le gouvernement ne cèdera pas au chantage et que l'État prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses citoyens et de ses représentants. Il a réitéré l'engagement du président à ne pas s'engager dans des pourparlers tant que les otages ne seront pas libérés.

Critiques de la société civile

L'organisation de la société civile « I Gwé » a dénoncé la position de la présidence, qui a annoncé la suspension du dialogue avec la milice Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG). Quentin Ngbouando, coordinateur de « I Gwé », a vivement critiqué cette décision. Il a affirmé que l'arrêt des discussions ne résoudrait pas la crise actuelle et pourrait même l'exacerber. Selon Quentin Ngbouando, exclure toute négociation pourrait aggraver la situation sécuritaire au lieu de la stabiliser, notamment en ce qui concerne le sort des otages. La société civile, par la voix de son coordinateur, a insisté sur la nécessité impérieuse de maintenir les canaux de communication ouverts pour trouver une solution pacifique et durable aux problèmes. M. Ngbouando a souligné que l'expérience passée a souvent montré que le dialogue, même difficile, est un outil essentiel pour désamorcer les tensions et parvenir à des résolutions concrètes.

Enjeux pour la stabilité

Les précédentes tentatives de médiation menées par des chefs religieux et les autorités locales n'ont pas abouti à la libération des otages ni à une désescalade de la situation. Quentin Ngbouando estime que le dialogue est indispensable pour obtenir la libération des otages et assurer la stabilité dans la région du Haut-Mbomou. Il a rappelé que la rupture totale des pourparlers risque de fragiliser davantage une région déjà vulnérable aux activités des groupes armés. La persistance de l'enlèvement, qui date de plus de sept mois, met en lumière la complexité de la situation et la difficulté à trouver une issue sans une forme d'échange avec les ravisseurs. La société civile craint que cette position ferme du gouvernement ne ferme toutes les portes à une résolution rapide et pacifique, laissant les otages dans une situation précaire et la région dans l'incertitude.