République Centrafricaine : Alerte sur une possible cessation des salaires publics en 2026

Fari Tahéruka Shabazz
Photo via Corbeaunews-centrafrique

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Un politologue centrafricain, Fari Tahéruka Shabazz, a alerté le 10 juin 2026 sur une possible cessation totale des paiements des salaires publics en République centrafricaine d'ici septembre ou octobre 2026. Cette prédiction, formulée avec une grande fermeté, met en lumière une crise financière imminente qui pourrait avoir des répercussions profondes sur la stabilité du pays. Selon ses calculs basés sur les agrégats économiques actuels, le régime de Faustin Archange Touadéra serait "dans l’incapacité absolue de verser le moindre franc aux fonctionnaires, militaires, gendarmes, policiers et retraités d’ici l’automne 2026", a-t-il déclaré. Cette incapacité de paiement concernerait l'ensemble des agents de l'État, sans exception.

Les projections financières publiées par Fari Tahéruka Shabazz sur les réseaux sociaux décrivent une situation budgétaire "catastrophique" pour l’État centrafricain. Le politologue insiste sur le caractère "total" de cette rupture de paiement, affirmant "qu’il ne s’agit pas d’un simple retard mais d’une absence complète de liquidités." Cette distinction est clé, car elle note l'ampleur sans précédent de la crise anticipée, dépassant de loin les difficultés de trésorerie habituelles. Fari Tahéruka Shabazz a également indiqué que "cette alerte directe s’adresse également aux étudiants, invités à se préparer à une crise de grande ampleur." Il met en garde contre les conséquences sociales et économiques qui pourraient découler d'une telle situation, affectant tous les segments de la population.

Projections financières alarmantes

L’analyse des paramètres économiques actuels révèle une asphyxie progressive des caisses de l’État centrafricain, une situation largement accentuée par l’isolement diplomatique et la suspension des appuis budgétaires internationaux. Ces facteurs externes, combinés à des problèmes internes, ont créé un environnement financier extrêmement précaire, menaçant la viabilité même du fonctionnement de l'État. Cette détérioration des finances publiques met en péril la capacité du gouvernement à honorer ses engagements les plus fondamentaux envers ses citoyens et ses employés.

La collecte des recettes intérieures demeure dérisoire et ne parvient pas à couvrir la masse salariale publique en l'absence d'aide extérieure, selon les constatations de Fari Tahéruka Shabazz. Le pays dépendait fortement de ces aides pour équilibrer son budget, et leur suspension a créé un déficit insurmontable avec les seules ressources nationales. Ce déséquilibre structurel expose le pays à une vulnérabilité financière croissante, rendant la situation intenable à moyen terme.

Parallèlement, les investissements productifs sont jugés inexistants, ce qui entrave toute perspective de croissance économique durable et de diversification des sources de revenus. Une corruption généralisée au sein des agences financières prive le Trésor public des ressources nécessaires pour faire face à ses obligations régulières. Cette situation compromet gravement la capacité de l'État à financer ses opérations, à maintenir les infrastructures essentielles et à assurer la continuité des services publics pour la population.

Priorités budgétaires contestables

Le régime, qualifié de dictatorial par ses opposants, a choisi de privilégier des dépenses sécuritaires massives. Il s'agit notamment du financement de partenaires paramilitaires étrangers, afin de maintenir son emprise sur le pouvoir, au détriment des équilibres macroéconomiques fondamentaux. Cette orientation budgétaire a été critiquée pour son impact sur la stabilité financière du pays et sa capacité à répondre aux besoins essentiels de la population, tels que la santé, l'éducation ou le développement économique. Les ressources allouées à ces dépenses sécuritaires sont considérées comme non productives et épuisent les maigres fonds disponibles.

Les autorités de Bangui tentent de masquer la réalité par des discours rassurants et multiplient les expédients financiers à court terme. Ces mesures incluent des emprunts lourds sur le marché régional, ce qui augmente la dette publique sans générer de croissance économique substantielle pour le pays. Cette stratégie, selon les observateurs et Fari Tahéruka Shabazz, risque d'aggraver la situation financière à long terme, en créant un fardeau de la dette insoutenable pour les générations futures et en hypothéquant toute possibilité de redressement économique.

Conséquences sociales et institutionnelles

Fari Tahéruka Shabazz insiste sur le caractère total de cette rupture de paiement, affirmant « qu’il ne s’agit pas d’un simple retard mais d’une absence complète de liquidités ». Une telle paralysie des paiements salariaux pourrait affecter le cœur des institutions étatiques, notamment les forces de défense et de sécurité dont la rémunération dépend entièrement de ces allocations mensuelles. La non-paiement de ces salaires pourrait potentiellement déstabiliser ces corps essentiels au maintien de l'ordre, avec des conséquences imprévisibles pour la sécurité nationale.

Une défaillance de cette ampleur ouvrirait la voie à un mécontentement généralisé au sein de l'administration publique, alors que le coût de la vie à Bangui asphyxie déjà la population urbaine. Les fonctionnaires, déjà sous pression économique, se retrouveraient dans une situation intenable, ce qui pourrait mener à des mouvements sociaux et à une perte de confiance massive envers l'État. Les fonctionnaires se préparent déjà à des mois de privation, anticipant les difficultés à venir. Pendant ce temps, l'entourage de Faustin Archange Touadéra refuse pour le moment d'admettre l'exactitude de ces prévisions comptables, préférant minimiser la gravité de la situation malgré les alertes répétées.