Réforme des prix du carburant en République centrafricaine

Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains de payer davantage pour financer les salaires publics
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Faustin-Archange Touadéra a justifié le 21 octobre à Bangui la hausse des prix du carburant en République centrafricaine. Le président a qualifié cette mesure de politique du juste prix nécessaire au fonctionnement de l'État. Cette stratégie, présentée comme une nécessité opérationnelle, vise à sécuriser les flux de trésorerie indispensables au maintien des structures étatiques. Selon lui, cette réforme permet de garantir le versement des rémunérations des fonctionnaires et le respect des engagements financiers nationaux. Faustin-Archange Touadéra a déclaré : « Il faut que nous puissions payer les salaires, il faut que nous puissions faire face à nos obligations ». Le chef de l'État a fermement défendu cette augmentation, insistant sur le fait que la politique du juste prix est le levier indispensable pour assurer la pérennité du paiement des salaires dans le secteur public. Cette décision vise à assurer la stabilité des finances publiques face aux contraintes budgétaires actuelles du pays. L'exécutif maintient cette orientation pour maintenir la continuité des services de l'administration centrale, estimant que cette réorganisation est la seule voie pour préserver les fonctions régaliennes.

La fin des subventions étatiques

Faustin-Archange Touadéra a précisé le mécanisme financier qui prévalait avant la mise en œuvre de cette réforme. Le président a indiqué que l'État prenait en charge une subvention de 350 francs CFA pour chaque litre de diesel vendu au prix de 1 250 francs CFA. Ce soutien public direct, qui consistait en un transfert financier systématique pour couvrir une partie du coût de revient du carburant, pesait lourdement sur le budget national avant l'ajustement tarifaire actuel. La suppression de cet appui financier direct marque une rupture avec les pratiques budgétaires antérieures, l'État cherchant désormais à limiter ses interventions directes dans les prix à la pompe.

La Banque mondiale fournit des données sur la structure des dépenses de l'État pour éclairer les contraintes budgétaires du gouvernement. Selon cette institution, la masse salariale du secteur public en République centrafricaine absorbe jusqu'à 73 % des ressources publiques disponibles. Cette part importante des revenus de l'État consacrée aux traitements des fonctionnaires explique la nécessité, selon l'exécutif, de réallouer les fonds auparavant destinés aux subventions énergétiques vers le maintien de la fonction publique.

Le FMI a publié ses projections concernant les recettes d'exportation pour l'année 2026. L'institution estime que les exportations de diamants de la République centrafricaine devraient atteindre environ 23,6 milliards de francs CFA. Ces revenus issus du secteur minier constituent une composante des entrées de devises attendues pour l'économie nationale sur l'exercice en cours.

Le FMI a également chiffré les prévisions pour le secteur forestier. L'organisme projette que les exportations de produits en bois de la République centrafricaine s'élèveront à 74,2 milliards de francs CFA pour l'année 2026. Ces chiffres sur les exportations de bois et de diamants servent de base aux évaluations des capacités de financement du pays, permettant ainsi d'orienter les décisions budgétaires vers les secteurs prioritaires, dont la masse salariale, tout en s'affranchissant des coûts liés aux subventions directes sur les hydrocarbures.