RCA : Promesses creuses face aux inondations récurrentes, la faute à qui ?

Inondation dans le quartier Bornou à Bria. Photo CNC
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Voici l'article étendu :

Les inondations constituent un problème récurrent pendant la saison des pluies en République Centrafricaine, laissant souvent les victimes dans des conditions boueuses. Ce phénomène, qui se manifeste par des crues dévastatrices, impacte régulièrement plusieurs localités du pays, notamment Bangui, la capitale, et des quartiers comme l'Île M'Bongossoua et Samba, où les habitants sont confrontés à des dégâts matériels importants et à des déplacements forcés. Malgré les promesses d'actions concrètes, la situation des sinistrés demeure précaire, soulignant l'urgence de solutions durables face à ces catastrophes naturelles. La fréquence et l'ampleur de ces événements mettent en lumière les défis persistants auxquels le pays est confronté pour protéger ses populations vulnérables et assurer leur sécurité.

Dix ans de stagnation

La situation des zones inondables de la capitale n'a connu aucune évolution concrète au cours des dix années de gouvernance actuelle. Cette stagnation est d'autant plus préoccupante que les inondations continuent de causer des ravages année après année. Les structures étatiques se concentrent prioritairement sur le versement des salaires des fonctionnaires afin de prévenir les grèves, selon les observations de nombreux analystes. Les caisses de l'État sont vides et l'appareil étatique est paralysé, ce qui l'empêche de financer des infrastructures publiques significatives et de mettre en œuvre des projets d'aménagement urbain essentiels pour prévenir les inondations. Cette incapacité structurelle à investir dans des solutions à long terme exacerbe la vulnérabilité des populations. La date du 2 septembre 2026 est mentionnée comme un jalon futur sans plus de précision, laissant planer le doute sur la nature des actions envisagées d'ici là.

Accusations de diversion et de propagande

Les autorités sont qualifiées de maîtres de la propagande et de la diversion, ne proposant que des promesses stériles au lieu de résultats concrets pour les populations sinistrées. Cette perception est renforcée par des déclarations publiques qui semblent éluder la responsabilité de l'État. Par exemple, la directrice de cabinet du ministère de l'Action humanitaire, s'exprimant sur Radio Guira, a imputé la responsabilité des inondations aux citoyens et aux constructions anarchiques, détournant ainsi l'attention de la responsabilité de l'État en matière d'urbanisme et de planification territoriale. Le projet de relogement des sinistrés de l'Île M'Bongossoua vers Samba, présenté comme des logements sociaux décents, masquerait, selon certaines allégations, le détournement d'aide humanitaire de l'UNICEF et d'agences internationales. Cette aide, initialement destinée à la construction de logements pour les victimes, serait plutôt utilisée pour la construction d'une école privée appartenant à la ministre dans sa région d'origine, soulevant de sérieuses questions sur la bonne gouvernance et la transparence.

Dépendance et aide internationale

Face à ces défis, le gouvernement centrafricain dépend fortement des partenaires internationaux pour le financement des opérations de secours aux sinistrés des inondations et le développement des infrastructures nécessaires à la prévention. Ces inondations récurrentes exigent des ressources considérables que l'État peine à mobiliser seul, accentuant ainsi sa dépendance vis-à-vis de l'aide extérieure. Cette situation met en évidence la fragilité des finances publiques et la nécessité d'un soutien continu pour faire face aux crises humanitaires et environnementales.

Parmi les principaux pourvoyeurs de fonds qui soutiennent la République Centrafricaine figurent la Minusca, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l'Union européenne, et la France. Ces acteurs internationaux contribuent financièrement aux efforts visant à atténuer les conséquences des catastrophes naturelles et à soutenir les projets de développement essentiels pour la résilience du pays.

Voix citoyennes et critiques

Les citoyens centrafricains, confrontés aux promesses non tenues et à l'absence de solutions concrètes, désignent le chef de l'État actuel sous le nom de « l’empereur dictateur ». Ce qualificatif reflète un sentiment profond de désillusion et une critique acerbe face à la gestion des crises récurrentes et à la gouvernance en place. La perception d'une concentration du pouvoir et d'un manque d'action concrète en faveur des sinistrés alimente ce qualificatif. Cette appellation traduit une frustration généralisée parmi les populations touchées par les catastrophes naturelles, qui se sentent abandonnées par les autorités et dont les voix peinent à être entendues.