Prise de contrôle de la mine d'or de Barbatouma : tensions entre exploitants artisanaux et un nouvel acteur

site d’exploitation minière chinoise de gaga
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Des tensions émergent en République centrafricaine autour de la mine d'or de Barbatouma, située à une vingtaine de kilomètres de Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran. Ce site minier, riche en gisements aurifères, est depuis longtemps un point névralgique pour l'économie locale. La direction de l'exploitation a récemment notifié aux exploitants artisanaux qu'ils devaient quitter le site, une décision qui soulève de vives inquiétudes parmi les populations locales. Cette injonction marque un tournant dans la gestion de cette zone minière stratégique, traditionnellement exploitée par des méthodes manuelles.

Déploiement de machinerie lourde

Avant l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle, Issaka Loïc a entrepris le transport de machinerie lourde, de camions et d'équipements miniers vers la région de Barbatouma. Ce mouvement logistique d'envergure a signalé une intention claire de mécaniser et d'intensifier l'exploitation minière. Ces équipements déployés ont ensuite été utilisés pour défricher la végétation et niveler le terrain le long de l'axe Ndélé-Tiri-Miaméré-Miamani-Ndjoko jusqu'à Diki Gaskaye, préparant ainsi l'accès aux zones d'extraction. Après une brève interruption de ces activités, les travaux ont repris avec une détermination renouvelée. La machinerie lourde a finalement atteint les sites miniers concernés, marquant une étape significative dans la préparation de l'exploitation à grande échelle, selon des sources locales attentives aux développements sur le terrain.

Incident et reprise des travaux

Durant les travaux de défrichage initiaux, un incident inattendu est survenu lorsque des essaims d'abeilles ont attaqué des conducteurs chinois. Cet événement, bien que fortuit, a eu des conséquences sérieuses : deux ouvriers ont été grièvement blessés et ont dû être hospitalisés en urgence à Ndélé pour recevoir des soins médicaux appropriés. Cet événement a brièvement perturbé les opérations, entraînant une pause momentanée dans le déploiement. Cependant, après cette interruption, les travaux ont rapidement repris sur le site de Barbatouma. La reprise des activités, incluant l'utilisation continue de machinerie lourde pour le défrichage et le nivellement des terrains, a permis aux équipements d'atteindre finalement les zones minières prévues, soulignant la volonté de poursuivre le projet malgré les obstacles rencontrés.

Contexte politique et économique

Derrière cette initiative de grande envergure, Issaka Loïc, un métis dont le père est centrafricain, originaire de Ndélé, et la mère d'origine chinoise, est identifié comme l'acteur principal de cette prise de contrôle de la mine d'or de Barbatouma, selon des informations recueillies auprès de diverses sources. Son implication marque un lien direct entre les opérations minières et des figures locales, ce qui ajoute une dimension complexe à la situation.

Parallèlement à ces activités minières, Issaka Loïc a manifesté des ambitions politiques claires en République centrafricaine. Il a notamment présenté sa candidature aux élections législatives du 25 décembre 2025 pour la première circonscription de Ndélé. Cette démarche politique se déroule alors que les tensions augmentent autour de l'exploitation aurifère, reliant ainsi de manière inextricable les enjeux économiques majeurs de la région et les aspirations électorales de l'acteur concerné. La coexistence de ces deux facettes de son engagement – économique et politique – est un élément clé pour comprendre la dynamique actuelle à Barbatouma.

Implications pour les mineurs locaux

Les populations locales exploitent la mine d'or de Barbatouma manuellement depuis des années, une activité qui représente une source de revenus essentielle et souvent la seule pour de nombreuses familles dans la région. Ces mineurs artisanaux, dont l'activité est ancrée dans les traditions locales, ont récemment reçu l'ordre de céder leur place aux machines de Ndocka, l'entreprise d'Issaka Loïc. Cette décision a des implications directes et potentiellement dévastatrices sur leurs moyens de subsistance et leur accès aux ressources minières qu'ils travaillent traditionnellement, souvent de génération en génération. La transition forcée vers l'exploitation mécanisée par Ndocka modifie fondamentalement les pratiques minières établies dans cette zone, soulevant des questions sur l'avenir économique et social des communautés dépendantes de cette activité.