Pasteur Issène Faki face à une dette de 1,8 million FCFA, révélée en direct à la radio

Le pasteur Issan Faki pense sérieusement à quitter la tête de l’église UFEB Bataillon 2 après les troubles survenus le dimanche 12 avril 2026 à Bangui en son absence
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Le pasteur Issène Faki, de la paroisse Bataillon 2 de l'Union Fraternelle des Églises Baptistes (UFEB), se trouve impliqué dans une affaire financière complexe et de longue date, remontant à près de dix ans, et désormais révélée publiquement. Cette situation délicate concerne un montant significatif de 1,8 million de francs CFA, un litige qui met en lumière des questions de confiance et de gestion au sein des institutions religieuses.

L'affaire a pris une tournure publique après que le pasteur Issène Faki, ayant été désigné pour diriger la paroisse Bataillon 2, n'a pas finalisé le processus d'enrôlement d'un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA) qui lui avait confié cette somme. Les faits ont été mis en lumière de manière inattendue lors d'une émission radiophonique en direct, animée par Fidèle Gouandjika, conseiller ministériel.

Lors de cette diffusion en direct, le pasteur Issène Faki a reconnu avoir reçu l'argent du soldat, une admission qui a jeté une lumière crue sur l'incident. Cette reconnaissance, faite en plein direct, soulève des questions importantes sur la gestion des fonds au sein de certaines structures religieuses et sur les responsabilités de leurs dirigeants. Le caractère public de cette révélation a amplifié la portée de l'affaire, la transformant en un sujet de débat au-delà des cercles ecclésiastiques.

Origines du litige financier

Le cœur du litige réside dans un montant réclamé pour une formation de trois années, incluant le matériel pédagogique, qui s'élevait précisément à 1 800 000 francs CFA. Les événements remontent à une période où le pasteur Issène Faki occupait une position clé en tant que directeur de l'École Supérieure de Théologie Évangélique de Bangui (ESTEB), un établissement situé dans le quartier de Boy-Rabe. C'est à ce moment-là qu'un soldat des Forces armées centrafricaines s'est adressé à l'ESTEB avec l'intention claire de s'inscrire afin de suivre une formation pour devenir pasteur.

Dans le cadre de cette démarche d'inscription, le soldat a versé l'intégralité de la somme de 1 800 000 FCFA directement à Issène Faki, qui était alors en charge de la direction de l'établissement. Ce versement devait garantir son enrôlement et l'accès à la formation promise. Cependant, suite à son transfert pour diriger la paroisse Bataillon 2 de l'UFEB, Issène Faki n'a malheureusement pas mené à terme le processus d'enrôlement du soldat, laissant ce dernier sans la formation attendue et sans son argent.

Tentatives de remboursement infructueuses

Le soldat, se retrouvant dans une situation précaire après le non-respect de l'engagement, aurait tenté à plusieurs reprises de récupérer son argent auprès d'Issène Faki. Ces démarches, qui auraient eu lieu potentiellement entre 2018 et 2019, sont malheureusement restées infructueuses, le soldat n'ayant jamais obtenu le remboursement de la somme versée. Face à cette absence persistante de remboursement et l'impasse des négociations informelles, le plaignant a finalement décidé de déposer une plainte officielle auprès du tribunal compétent.

Cependant, l'affaire aurait rencontré des obstacles significatifs, le dossier étant apparemment bloqué en raison des relations et des connexions d'Issène Faki. Cette situation soulève de sérieuses interrogations sur l'accès à la justice pour les plaignants, en particulier lorsque les affaires impliquent des personnalités perçues comme influentes ou bien connectées. Le plaignant, toujours déterminé, continue de chercher à récupérer les 1,8 million de francs CFA versés pour une formation qui n'a jamais eu lieu, mettant ainsi en lumière les défis et les frustrations rencontrés par les individus confrontés à des litiges financiers dans de tels contextes.

Médiatisation et confrontation en direct

L'affaire de la dette a été rendue publique de manière spectaculaire lors d'une émission en direct diffusée sur les ondes de la radio appartenant à Fidèle Gouandjika, conseiller ministériel. Le soldat, en quête de justice après des années de démarches infructueuses, s'était préalablement adressé à Fidèle Gouandjika, propriétaire de la station de radio, elle aussi située dans le quartier de Boy-Rabe, pour exposer sa situation et solliciter son aide.

Alerté par la gravité de la situation, M. Gouandjika a pris l'initiative de contacter Issène Faki en direct à l'antenne pour aborder directement la question de cette dette. Ce moment de confrontation en direct a été un tournant majeur dans l'affaire. Lors de l'émission, Fidèle Gouandjika a déclaré avec fermeté : « Gouandjika a alors annoncé, en direct sur les ondes, que la plainte était bien réelle et qu’il exigeait le remboursement immédiat, rappelant que cette affaire durait depuis des années. » Cette intervention a mis une pression considérable sur le pasteur. Issène Faki, quant à lui, a exprimé son désaccord avec la manière dont l'affaire était traitée, affirmant que le problème ne devrait pas être réglé en direct à la radio, mais plutôt dans un cadre plus privé. Il a néanmoins reconnu avoir reçu la somme d'argent du soldat lors de cette même émission.

Réactions et menaces

Suite à cette confrontation publique, Fidèle Gouandjika a réitéré son exigence d'un remboursement immédiat de la dette de 1,8 million de FCFA, dont le pasteur Issène Faki est redevable. Lors de l'émission radiophonique, M. Gouandjika a clairement fait savoir en direct sur les ondes que « la plainte était bien réelle et qu’il exigeait le remboursement immédiat, rappelant que cette affaire durait depuis des années ». Cette déclaration visait à noter la légitimité de la réclamation du soldat et l'urgence de la situation.

Allant plus loin dans son intervention, le conseiller ministériel a également proféré une menace directe : il a déclaré qu'il déposerait lui-même une plainte si le pasteur ne remboursait pas la somme due dans un délai raisonnable. Cette intervention publique et la menace d'une action en justice personnelle de la part d'une personnalité influente comme Fidèle Gouandjika mettent une pression accrue sur Issène Faki pour qu'il honore cette obligation financière. La médiatisation intense de l'affaire par Fidèle Gouandjika, après que le soldat plaignant l'a approché pour exposer sa situation, a transformé ce qui était un litige privé en une affaire publique aux répercussions potentiellement importantes pour toutes les parties impliquées.