Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a organisé deux réunions stratégiques à l'Hôtel Ledger Plazza de Bangui afin d'imposer sa direction aux élus de la majorité. Ces rencontres, tenues dans un cadre restreint, visaient à consolider son autorité et à orchestrer des décisions politiques majeures. La seconde de ces réunions, en particulier, avait pour objectif de finaliser la composition du bureau de l'Assemblée nationale. Au cours de celle-ci, M. Touadéra aurait dicté des ordres précis concernant la répartition des postes clés, des fonctions de premier vice-président aux membres de la questure, ne laissant que peu de marge de manœuvre aux élus présents. Selon l'article, le président a confisqué des listes détaillant ces attributions, craignant leur publication immédiate, une action qualifiée de "schizophrénique" par les observateurs. Il aurait alors déclaré avec insistance : « Ramassez tout ! Ramassez tout ! Ramassez tout ! Si on leur donne maintenant, ils vont remettre ça à Corbeau News et à Kerembessé ! » Cette réaction note une profonde méfiance envers les médias d'information et les plateformes numériques.
Contexte des réunions stratégiques et l'imposition présidentielle
La première réunion organisée par le président Faustin-Archange Touadéra à l'Hôtel Ledger Plazza s'est concentrée exclusivement sur l'élection du président de l'Assemblée nationale. Lors de cette rencontre déterminante, M. Touadéra a imposé Simplice Mathieu Sarandji pour ce poste stratégique, écartant ainsi de manière catégorique la candidature d'Évariste Ngamana. Cette décision unilatérale a mis en évidence la volonté du chef de l'État de contrôler étroitement les institutions législatives.
Au cours de la seconde réunion, dont l'objectif était de finaliser la composition du bureau de l'Assemblée nationale, le chef d'État a exigé l'expulsion immédiate des députés issus de la majorité élargie ainsi que ceux appartenant à des partis alliés, notamment Mouni. Cette directive a été perçue comme une tentative de purger l'assemblée de toute voix potentiellement dissidente ou moins alignée avec la ligne présidentielle, renforçant ainsi la mainmise du pouvoir exécutif sur le législatif. C'est à ce moment précis que M. Touadéra a dicté des ordres stricts pour la distribution des postes clés au sein du bureau, allant du premier vice-président jusqu'aux membres de la questure, ne laissant aucune place à la négociation ou au débat démocratique.
La peur des fuites et la confiscation des documents sensibles
Alors que des agents commençaient à distribuer des listes imprimées détaillant les ordres dictés par le président concernant la répartition des postes, le président Touadéra a manifesté une vive inquiétude, frisant la panique, craignant une fuite immédiate de ces documents. Face à cette situation qu'il jugeait incontrôlable, M. Touadéra a ordonné la confiscation immédiate de toutes les listes distribuées. Il a exprimé sa crainte avec une répétition significative, déclarant : « Ramassez tout ! Ramassez tout ! Ramassez tout ! Si on leur donne maintenant, ils vont remettre ça à Corbeau News et à Kerembessé ! » Cette injonction répétée, rapportée par des sources internes, visait à empêcher la divulgation rapide des informations sensibles contenues dans ces documents, qui auraient pu révéler les détails de son ingérence dans les affaires parlementaires.
Cette réaction du président Touadéra est perçue comme la démonstration éclatante de sa crainte envers les publications de Corbeau News Centrafrique et les diffusions en direct sur la page Facebook de Kerembessé. Ces plateformes sont connues pour leur capacité à relayer rapidement des informations jugées sensibles, souvent avant même les canaux officiels, et à atteindre un large public. La volonté de confisquer les listes, malgré leur distribution déjà entamée, note la préoccupation présidentielle concernant la diffusion d'informations non contrôlées et la perte de maîtrise du récit officiel. L'article décrit d'ailleurs l'action de M. Touadéra, consistant à confisquer ces listes par crainte de leur publication, comme étant "schizophrénique", mettant en lumière une contradiction entre la volonté de diriger et la peur des conséquences de cette direction rendue publique.
Contradictions numériques et passé : l'évolution d'une posture
L'attitude actuelle du président Faustin-Archange Touadéra contraste fortement avec ses déclarations passées. En 2016, le média Corbeau News avait publié un baromètre évaluant l'action gouvernementale, attribuant une note de 0/20 à certains ministres, un événement qui avait déjà mis en lumière la capacité de ce média à critiquer ouvertement le pouvoir. Au début de son premier mandat la même année, le président Faustin-Archange Touadéra avait affirmé avec assurance : « on ne gouverne pas un pays sur les réseaux sociaux. » Cette déclaration traduisait alors une certaine distance, voire un dédain, envers l'influence des plateformes numériques sur la gouvernance.
Cependant, l'article estime que l'attitude actuelle de M. Touadéra, marquée par la panique face à une fuite potentielle vers Corbeau News et Kerembessé, contredit de manière flagrante cette déclaration de 2016. Elle démontre que son gouvernement est désormais non seulement conscient mais aussi profondément influencé par la réalité cybernétique et l'opinion publique qui se forge sur internet. Cette évolution intervient alors que le président Touadéra avait déjà dénoncé les rumeurs diffusées sur le web lors de sa propre « auto-couronnement » le 30 mars 2026, d'après les informations rapportées. Cet épisode précédent avait déjà montré une sensibilité accrue aux récits circulant en ligne. La peur des fuites et la confiscation des documents illustrent ainsi une prise de conscience, peut-être tardive, de l'impact important des médias en ligne et des réseaux sociaux dans la sphère politique centrafricaine.