Mercenaires Russes Accusés d'Enlèvements et de Disparitions en Centrafrique

La région du Haut-Mbomou, en République centrafricaine, est confrontée à une nouvelle vague d'enlèvements, attribués à des paramilitaires russes d'Africa Corps. Ces incidents, qui se déroulent actuellement, suscitent des préoccupations croissantes concernant la sécurité et les droits humains dans cette zone du pays. La région du Haut-Mbomou subit une recrudescence d'opérations menées par des éléments russes. Africa Corps est accusé d'organiser ces disparitions forcées, contribuant à un climat d'insécurité persistante pour les populations locales et alimentant la peur au sein des communautés.

Arrestations et Disparitions

Le 25 avril 2026, des mercenaires russes ont procédé à l'arrestation de Mboliloungoule, candidat aux élections régionales, ainsi que de Zogonimbou Antoine, un ancien conseiller municipal, dans la ville de Zemio. Ces interpellations ont été rapportées par des sources locales, qui décrivent des méthodes d'intervention musclées et sans mandat apparent. L'arrestation de personnalités politiques et locales comme Mboliloungoule et Zogonimbou Antoine est perçue comme une tentative d'intimidation et de contrôle.

Les recherches menées ultérieurement par des proches et des autorités pour localiser les deux hommes sont restées infructueuses. Aucune information n'a pu être obtenue auprès de la station de police locale, de la Section de Recherches et d'Investigations de la Gendarmerie, ni du Bureau Central de Répression du Banditisme (OCRB) concernant leur détention ou leur lieu de garde. Cette absence totale de traçabilité des individus arrêtés est une source d'inquiétude majeure pour leurs familles et la communauté. Leur sort demeure inconnu, ce qui renforce les allégations de détentions arbitraires et extrajudiciaires.

Accusations de Nettoyage Ethnique

La région du Haut-Mbomou compte des dizaines d'individus disparus, victimes présumées d'actions russes, selon des informations recueillies sur place. Ces disparitions contribuent à une instabilité croissante dans cette zone frontalière, déjà fragilisée par des conflits antérieurs. La multiplication des cas de disparitions forcées dans cette région soulève des interrogations sur les motivations profondes derrière ces opérations.

L'article allègue une stratégie de nettoyage ethnique ciblant spécifiquement le peuple Zandé, les accusant de complicité avec des milices locales. Cette approche viserait à déstabiliser les structures sociales et politiques établies dans la région, selon les mêmes allégations. L'objectif de cette stratégie serait de briser la cohésion communautaire et d'asseoir un contrôle total sur la population et les ressources locales. Les accusations de nettoyage ethnique sont particulièrement graves et, si elles sont avérées, constitueraient des violations flagrantes du droit international humanitaire.

Implication du Gouvernement Central

Le gouvernement central est accusé de soutenir ces exactions russes, selon des allégations formulées par des sources locales. Ces accusations suggèrent une possible complicité des autorités de Bangui dans les actions menées par les paramilitaires d'Africa Corps dans le Haut-Mbomou. L'implication présumée du pouvoir central soulève des questions sur la chaîne de commandement et la responsabilité des disparitions. Cette situation complexe met en lumière la fragilité de la gouvernance et l'impact des acteurs étrangers sur la sécurité intérieure. Les allégations de soutien aux opérations russes ajoutent une dimension politique significative aux troubles rapportés dans la région, suggérant que ces opérations pourraient bénéficier d'une forme d'approbation ou de tolérance de la part des autorités étatiques.

Réactions et Craintes

Les mercenaires russes affirment avoir transféré les individus arrêtés, dont Mboliloungoule et Zogonimbou Antoine, vers Bangui. Cependant, ces allégations ne sont pas corroborées par des informations officielles émanant des autorités compétentes. Des craintes subsistent quant au sort des détenus, d'autant plus que l'expérience passée a montré que de telles affirmations ne garantissent pas la sécurité des personnes arrêtées. Des sources expriment en effet la crainte que ces personnes soient maintenues dans des prisons clandestines situées à l'aéroport de Bangui-Poko ou dans les sous-sols de la base russe au Camp de Roux. Ces lieux seraient utilisés pour détenir secrètement les individus ciblés, loin de tout contrôle judiciaire et sans possibilité de contact avec leurs proches ou des avocats, ce qui accentue les préoccupations relatives à leur intégrité physique et psychologique. La communauté internationale est appelée à surveiller de près la situation et à exiger la transparence sur le sort des personnes disparues.