Mboli-Goumba compare le “hold-up” électoral de Touadéra en 2025 à celui de Bozizé en 2011 et dénonce la complaisance française

Maître Crépin Mboli-Goumba, président du PATRIE, coordinateur du BRDC
Photo via Corbeaunews-centrafrique

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En 2011, le parti KNK de François Bozizé détenait une écrasante majorité à l'Assemblée centrafricaine, avec environ 105 des 109 députés issus du parti au pouvoir. Cette situation de quasi-monopole politique avait marqué les esprits. La même année, l'investiture de François Bozizé a vu la participation de Christian Vidal, alors ambassadeur de France en Centrafrique, un geste qui avait été interprété de diverses manières à l'époque. Cette conjoncture historique est aujourd'hui évoquée par Maître Crépin Mboli-Goumba, qui établit un parallèle frappant avec la période actuelle, dénonçant un "hold-up" électoral potentiel du président Faustin-Archange Touadéra pour 2025. Il critique également la complaisance française, qu'il perçoit comme persistante, face à ces développements politiques en Centrafrique, soulignant une forme de répétition des schémas passés.

Le hold-up électoral de 2011

Maître Crépin Mboli-Goumba qualifie l'élection de 2011 de « hold-up électoral », une expression forte pour décrire un processus qu'il jugeait alors biaisé. Face à cette situation, l'Union européenne, par la voix de son ambassadeur Guy Samson, avait refusé d'assister à l'investiture du président Bozizé cette année-là, marquant ainsi une désapprobation diplomatique significative. Suite à ce qu'il décrit comme un « hold-up », l'ensemble de l'aide financière de la communauté internationale avait été retiré du pays, entraînant des conséquences économiques et sociales importantes pour la Centrafrique. Mboli-Goumba établit un parallèle entre cet événement passé et les craintes actuelles concernant un potentiel « hold-up » électoral en 2025 sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra. Il note l'importance de cette réaction internationale de 2011 face à ce qu'il perçoit comme une dérive démocratique, insistant sur la nécessité de tirer les leçons de l'histoire pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

Similitudes avec le processus de 2026

Maître Crépin Mboli-Goumba établit un parallèle avec la situation actuelle en Centrafrique, alertant sur des signaux inquiétants. Il observe en 2026 des conditions similaires à celles de 2011, avec un parti au pouvoir ultramajoritaire, la MCU (Mouvement Cœurs Unis), qui domine largement le paysage politique, rappelant la mainmise du KNK sous Bozizé.

Selon Mboli-Goumba, le processus électoral de 2026 découle directement d'un référendum proscrit par la Cour Constitutionnelle, ce qui entache sa légitimité dès le départ. Il dénonce des violations flagrantes du code électoral par l'ANE (Autorité Nationale des Élections), qui aurait notamment modifié les règles en cours de processus, créant une instabilité juridique et une confusion délibérée. Il pointe du doigt le refus de l'ANE de remettre les procès-verbaux aux représentants des candidats, une pratique qui compromet la transparence et l'intégrité du scrutin et soulève de sérieuses questions quant à la validité des résultats.

Critiques et réactions internationales

La France, par la voix de son président Emmanuel Macron, a rapidement reconnu les élections de 2026 comme illégitimes, adoptant une position ferme et sans équivoque. Cette prise de position française s'inscrit dans un contexte où les critiques internationales se multiplient face au processus électoral en Centrafrique, reflétant une inquiétude grandissante de la part des partenaires du pays.

L'Union européenne a également refusé de financer les élections de 2026, une décision lourde de sens qui envoie un message clair aux autorités centrafricaines. Elle a déclaré attendre des conséquences logiques de ce qu'elle considère comme des résultats illégitimes, laissant entendre que des mesures supplémentaires pourraient être envisagées. Cette décision note une ligne de conduite ferme de la part des institutions européennes, qui avaient déjà marqué leur désapprobation lors d'événements électoraux précédents dans le pays, démontrant une constance dans leur exigence de respect des principes démocratiques.

Appels au dialogue et leçons passées

Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), qui a boycotté les élections de 2026 en signe de protestation, estime que le régime est « moribond » après que le président Touadéra a violé son serment et la Constitution de 2013. Maître Mboli-Goumba préconise d'éviter les « erreurs de 2012-2013 », lorsque la persistance de François Bozizé dans une voie contestée a conduit à sa chute et à une période de troubles majeurs pour le pays. Il suggère que Faustin-Archange Touadéra pourrait encore s'engager dans un dialogue constructif et inclusif afin de redéfinir le cadre politique et de restaurer la confiance des acteurs nationaux et internationaux, offrant ainsi une porte de sortie à la crise actuelle.