En Centrafrique, Martin Ziguélé dénonce la destruction progressive du système électoral du pays. Le dirigeant du MLPC a critiqué, lors d'une conférence à la Fondation Jean-Jaurès, l'évolution de la structure électorale. Jusqu'en 2005, la République Centrafricaine disposait d'une commission électorale indépendante et mixte, garantissant une représentation équilibrée de tous les partis politiques. Cependant, à partir de cette date, le pouvoir en place a progressivement démantelé cette structure électorale, modifiant son fonctionnement et sa composition.
Évolution du système électoral
Le MLPC, parti dirigé par Martin Ziguélé, est parvenu au pouvoir en 1993 en partie grâce à ce cadre électoral, ayant contribué à la chute de Bokassa. Cependant, l'évolution du système a conduit à une situation critique en 2020. Selon les observations faites, l'Autorité Nationale des Élections (ANE), bien que présentée comme indépendante, se serait avérée entièrement soumise au régime en place. Cette situation a eu des répercussions tangibles sur la composition politique du pays. Lors du premier tour des élections législatives, environ 80 des 88 députés élus appartiendraient au parti au pouvoir, le Mouvement Cœurs Unis (MCU).
Accusations post-2020
Martin Ziguélé a affirmé que « la transparence d'hier a été volée, remplacée par la fraude organisée et institutionnalisée » après les élections de 2020. Cette déclaration met en lumière une dégradation perçue de l'intégrité du processus électoral en Centrafrique. Le dirigeant du MLPC a souligné des dysfonctionnements majeurs observés lors de ce scrutin.
Aucun candidat de l'opposition n'a reçu les procès-verbaux des résultats des bureaux de vote après les élections de 2020, que ce soit en République Centrafricaine ou à l'étranger. L'absence de ces documents cruciaux pour la vérification des résultats a alimenté les critiques concernant la légitimité du processus. Ces accusations, formulées par Martin Ziguélé, mettent en cause la fiabilité et l'équité des dernières élections centrafricaines.
Décision du MLPC
Le cinquième congrès du MLPC, tenu les 9 et 10 septembre 2025 à Bangui, a pris une décision historique. Pour la première fois de son existence, le parti a résolu de ne pas participer aux élections prévues en décembre 2025. Cette résolution marque un tournant significatif pour le Mouvement de libération du peuple centrafricain, qui a traditionnellement été un acteur majeur du paysage politique du pays. La non-participation aux scrutins de décembre 2025 intervient dans un contexte de critiques récurrentes formulées par le parti concernant l'intégrité du système électoral.
Réactions et implications
Après l'élection de 2020, Martin Ziguélé et d'autres responsables ont approché tous les partenaires, y compris l'Autorité Nationale des Élections (ANE), afin de tirer les leçons et de corriger les défaillances du processus. Le régime a alors promis un dialogue politique sur la gouvernance électorale, mais n'a pas tenu cet engagement. Il a plutôt organisé un « dialogue républicain » dont l'objectif était de modifier la Constitution pour supprimer la limitation des mandats présidentiels. Martin Ziguélé a déclaré à ce sujet : « Ce ne sont pas des élections. Nous refusons de cautionner un processus qui se déroule hors de tout cadre juridique, sans transparence et sans équité. »