Mahamat Alkhatim : Menaces de mort et perte de contrôle au sein du MPC

Mahamat Alkhatim, fondateur et président du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), a mis en ligne un message audio en arabe sur WhatsApp, proférant des menaces de mort. Dans cet enregistrement, Alkhatim affirme que quiconque s'oppose à lui risque la mort. Cette déclaration intervient alors que Mahamat Alkhatim est actuellement basé à Ndjamena, la capitale du Tchad, d'où il semble tenter de maintenir son autorité à distance. Le message audio, diffusé largement sur la plateforme de messagerie instantanée, a mis en lumière les tensions croissantes et les luttes de pouvoir internes au sein du mouvement rebelle.

La montée en puissance de Djido Ali

La situation de Mahamat Alkhatim est d'autant plus précaire que Djido Ali, un ancien subordonné, a consolidé sa position sur le terrain. Djido Ali, qui avait été rappelé du Soudan pour être nommé chef d'état-major du mouvement, a obtenu le soutien d'un grand nombre d'officiers et de combattants du MPC après avoir été limogé par Alkhatim. Cette destitution, loin de l'affaiblir, semble avoir catalysé le ralliement de figures importantes autour de Djido Ali. Il a notamment ramené du Soudan un nombre significatif de combattants soudanais, qui constituent désormais le noyau des forces actives du MPC. Ces combattants, aguerris et loyaux, renforcent considérablement la capacité opérationnelle de Djido Ali.

Au-delà de l'aspect militaire, Djido Ali a acquis une quantité importante d'armes, ce qui lui confère une autonomie stratégique accrue. Il rémunère également généreusement des mercenaires russes, assurant ainsi un soutien logistique et tactique clé. Plus significativement encore, Djido Ali a coupé le circuit financier de Mahamat Alkhatim en prenant le contrôle des sites d'or et de diamants dans la région de l'Ouham, privant ainsi le président fondateur d'une source de revenus essentielle. Ce contrôle des ressources minières est un facteur déterminant dans l'équilibre des forces. Parmi ceux qui ont rejoint Djido Ali, on compte de nombreux cofondateurs et figures historiques du Mouvement patriotique pour la Centrafrique, ce qui témoigne d'un large désaveu de l'autorité d'Alkhatim au sein même de la structure originelle du MPC.

La rupture avec Africa Corps

Les mercenaires russes, identifiés comme Africa Corps, entretiennent une relation directe avec Djido Ali et sont rémunérés par lui grâce aux revenus miniers, selon les informations disponibles. Cette dépendance financière positionne Djido Ali en acteur clé de la logistique et de l'approvisionnement des forces sur le terrain, lui permettant d'exercer une influence considérable sur les opérations. La capacité de Djido Ali à financer directement Africa Corps par le biais des ressources minières de l'Ouham note son autonomie et son pouvoir croissant.

Un accord avec le gouvernement centrafricain ne serait pas suffisant pour Mahamat Alkhatim si Wagner (Africa Corps) ordonnait à Alkhatim de quitter la zone minière. Cette situation met en lumière l'influence prépondérante de cette entité sur le contrôle des ressources et des territoires, reléguant potentiellement les accords politiques à un second plan face aux réalités du terrain et aux alliances militaires. La présence d'Africa Corps, et sa subordination à Djido Ali, complexifie les dynamiques de pouvoir au sein du MPC et dans la région, créant un nouveau centre de gravité autour de Djido Ali.

Les menaces d'Alkhatim

Dans le message audio diffusé sur WhatsApp, Mahamat Alkhatim a directement menacé de mort Djido Ali s'il tentait de revenir à la base du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC). Ces menaces, bien que graves dans leur contenu, sont perçues par certains observateurs comme des « gesticulations » plutôt qu'une démonstration de pouvoir effectif de la part d'Alkhatim, suggérant une perte d'influence effective. La crédibilité de ces menaces est remise en question par la réalité de son isolement et de son manque de ressources opérationnelles.

Le nouveau chef d'état-major d'Alkhatim est présent sur le terrain, mais il manquerait d'hommes et de ressources pour exercer un contrôle significatif. Cette situation met en lumière la fragilité de la position de Mahamat Alkhatim au sein du MPC, alors que son autorité semble de plus en plus contestée et que Djido Ali consolide sa mainmise sur les opérations et les finances du mouvement.