L'axe routier reliant Baoro, Carnot et Berbérati se trouve dans un état de dégradation totale en Centrafrique. La détérioration physique de cette voie de communication entrave la circulation des personnes et des marchandises sur ce tracé stratégique. L'absence d'entretien et l'érosion des infrastructures ont rendu les segments reliant ces trois localités impraticables pour la plupart des véhicules. Les usagers subissent les conséquences directes de cette déchéance des voies terrestres, qui isole les zones traversées du reste du réseau national. Cette situation complique les déplacements vers les centres urbains majeurs. Les autorités locales font face à une infrastructure devenue obsolète, limitant les échanges économiques entre les différentes cités de cette partie du territoire.
L'état de délabrement actuel de cet axe, qui relie Baoro, Carnot et Berbérati, illustre une dégradation totale des infrastructures de transport dans cette partie du pays. La circulation sur cette artère, autrefois vitale pour le commerce local, est aujourd'hui entravée par des nids-de-poule profonds et des zones où le revêtement a totalement disparu. Les populations locales, dépendantes de cet axe pour le ravitaillement en produits de première nécessité, voient leur quotidien bouleversé. Le transport des marchandises, essentielles à la survie des communautés installées le long de cet itinéraire, est devenu une opération périlleuse et coûteuse, renchérissant le prix des denrées sur les marchés locaux.
Divergences sur les causes réelles
Honoré Kinda, gouverneur, attribue la dégradation des axes routiers aux activités d'extraction artisanale et aux creuseurs locaux. Selon lui, ces pratiques informelles fragilisent les assises des routes par des excavations répétées et non contrôlées aux abords immédiats des voies de circulation. Dans son analyse, Honoré Kinda note que les excavations réalisées à proximité des axes routiers sapent les fondations mêmes du sol, entraînant des affaissements de chaussée lors des périodes de fortes précipitations. Pour le gouverneur, l'activité de ces creuseurs locaux constitue un facteur aggravant direct, transformant des portions de route autrefois stables en zones de danger permanent pour les rares véhicules qui tentent encore de s'y aventurer.
Une analyse différente pointe la responsabilité des entreprises minières industrielles. Plusieurs firmes, dont des sociétés chinoises, emploient des engins lourds pour le transport de leurs équipements et de leur production sur ces mêmes infrastructures. Ces véhicules, par leur poids et leur fréquence de passage, provoquent des dommages structurels profonds. Ces exploitants miniers ne financent aucune opération de réparation ou de maintenance des routes endommagées par leurs activités logistiques. L'article allègue que le passage constant de camions de fort tonnage, chargés de matériel industriel ou de minerai, excède la résistance structurelle prévue pour ces voies. Cette pression mécanique répétée, exercée par les engins des firmes industrielles, accélère l'effondrement du réseau routier, sans qu'aucune contrepartie financière ne soit allouée par ces entreprises pour la réhabilitation des tronçons dégradés.
Le régime actuel en place en Central African Republic dirige le pays depuis 2016. Cette période de gouvernance couvre la gestion des contrats d'exploitation minière et le suivi de l'état des réseaux de transport terrestre national. Depuis 2016, les autorités au pouvoir ont la responsabilité de superviser l'ensemble des concessions accordées aux acteurs miniers. Ce cadre temporel est également celui durant lequel l'entretien des infrastructures routières a été placé sous la surveillance de l'administration centrale. Le constat d'échec sur l'état de l'axe Baoro-Carnot-Berbérati s'inscrit donc dans la durée de ce mandat, posant la question de la gestion des obligations contractuelles des entreprises opérant dans la zone et de la capacité de l'État à maintenir la viabilité de son réseau routier face aux impératifs de l'exploitation minière.