Le défi de la continuité dans les projets publics centrafricains

Le Premier ministre centrafricain Felix Moloua devant les elus de la Nation ce 24 aout 2022
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Des projets d'infrastructures publiques en République Centrafricaine, notamment dans les secteurs de la voirie, de l'électricité, de l'emploi et de l'éducation, font régulièrement l'objet d'annonces officielles. Ces initiatives, situées à Bangui comme dans plusieurs localités dont Kabo, Poumbaïndji, Paoua, Bozoum, Voudambala, Yassinda, Yassara, Koukoulou et Marabena, peinent toutefois à s'inscrire dans la durée. Il est un fait établi que les projets d'infrastructures publiques dans ces secteurs spécifiques de la voirie, de l'électricité, de l'emploi et de l'éducation sont fréquemment annoncés par les instances concernées, mais ces programmes se heurtent trop souvent à une réalité opérationnelle complexe où les chantiers restent inachevés ou souffrent d'une absence criante de maintenance.

Les chantiers lancés dans ces zones de l'Ouham-Fafa ou aux abords de Boali restent fréquemment inachevés. Le manque d'entretien pérenne des ouvrages réalisés constitue un obstacle récurrent pour les autorités nationales. Jonas Le Bonheur Mandaba et Félix Moloua font face à ces difficultés opérationnelles qui entravent la continuité des services publics sur l'ensemble du territoire centrafricain, malgré les engagements pris lors de la présentation initiale de ces programmes de développement. Cette incapacité à maintenir les structures en état de fonctionnement interroge la viabilité des modèles de gestion actuels.

Une gestion publique en question

L'absence de suivi des projets publics engendre des répercussions directes sur le coût d'entretien des véhicules et sur le prix du transport des marchandises. Cette situation dégrade parallèlement la confiance du public envers les annonces gouvernementales, faute de résultats tangibles sur le long terme. Il est désormais clair que le manque de suivi rigoureux des projets publics entraîne une augmentation directe des coûts de maintenance pour les véhicules, tout comme il provoque une hausse mécanique du prix du transport des marchandises, pesant lourdement sur l'économie locale. Par ricochet, ce phénomène érode durablement la confiance que les citoyens accordent aux annonces gouvernementales, faute de constater des résultats concrets et pérennes.

Kabo, située dans la préfecture de l'Ouham-Fafa, se trouve à 444 km de Bangui. L'état des liaisons routières vers cette zone éloignée de la capitale illustre les difficultés logistiques rencontrées par les autorités. La distance de 444 km séparant Kabo de Bangui note l'ampleur du défi logistique pour assurer une connectivité constante entre le centre décisionnel et les zones reculées.

Poumbaïndji, un village situé à 12 km de Paoua sur la route menant à Bozoum, témoigne également des enjeux liés à la maintenance des infrastructures. Le village de Poumbaïndji, situé précisément à 12 km de Paoua sur l'axe menant à Bozoum, devient le symbole des problématiques de maintenance. La dégradation des voies dans ces secteurs ruraux impacte les capacités de circulation, augmentant les charges opérationnelles pour les usagers et les transporteurs. Les autorités nationales peinent à assurer la pérennité des aménagements nécessaires au désenclavement de ces localités, laissant les populations locales et les acteurs économiques face à des infrastructures dont la dégradation progressive limite considérablement les échanges et la mobilité sur ces axes stratégiques.