Le Complexe Pédiatrique de Bangui voit son affluence chuter

Bangui : le Complexe pédiatrique moins attrayant pour les malades ?
Photo via Radiondekeluka

L'affluence au Complexe pédiatrique de Bangui a significativement diminué, les salles d'attente étant désormais moins fréquentées qu'auparavant. Cette baisse est observée depuis la suspension de certains programmes de soins gratuits. Ces initiatives, qui étaient financées par des partenaires externes, incitaient auparavant les parents à amener leurs enfants malades. La fin de ces programmes a entraîné un changement notable dans les habitudes des familles. En conséquence, de nombreux parents ne conduisent plus leurs enfants souffrants à l'établissement, craignant les coûts ou la dégradation des services. Cette situation soulève des inquiétudes quant à l'accès aux soins essentiels pour la population infantile de la capitale centrafricaine.

Gratuité ciblée et nouveaux frais

Le retour de certains frais médicaux incite de nombreuses familles à hésiter avant de se rendre dans cet établissement, une réticence qui impacte directement la fréquentation de l'hôpital. Le gouvernement centrafricain avait, avec l'aide de partenaires internationaux, mis en place une gratuité ciblée des soins dans les hôpitaux publics depuis 2016. Cette mesure, saluée à l'époque comme un pas important vers l'amélioration de la santé publique, couvrait spécifiquement les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les femmes allaitantes, des catégories particulièrement vulnérables. La décision de cette gratuité ciblée avait été annoncée en novembre 2025 et est entrée en vigueur au début de l'année 2026, modifiant ainsi le cadre financier des consultations et traitements pour ces groupes prioritaires. La suspension de certains de ces programmes a donc un effet direct et immédiat sur la capacité des familles à assumer les dépenses de santé.

Réception et accès aux soins

Des plaintes concernant la réception et l'accès aux soins sont formulées par les usagers, alors que la direction de l'établissement semble se montrer rassurante. Cette situation illustre une divergence préoccupante entre le vécu des patients et la perception des responsables hospitaliers. Les familles se plaignent d'une détérioration des conditions d'accueil et d'une augmentation des obstacles pour obtenir des consultations, ce qui contribue à la baisse de la fréquentation. Les difficultés rencontrées dès l'arrivée à l'hôpital découragent de nombreux parents, qui finissent par renoncer à faire soigner leurs enfants. Pour leur part, les équipes de gestion du Complexe pédiatrique de Bangui affirment que des mesures sont prises pour maintenir la qualité des services et assurer une prise en charge adéquate des patients. Les témoignages recueillis auprès des usagers suggèrent que ces efforts ne sont pas toujours perçus sur le terrain, affectant directement la confiance des parents et leur décision de fréquenter l'établissement.

Appel à un soutien accru

Face à cette situation délicate, les responsables de la santé demandent un soutien accru des autorités et des partenaires pour garantir un accès régulier aux soins pédiatriques pour les enfants, en particulier les plus vulnérables. Cette démarche vise à pallier les défis actuels et à assurer la continuité des services essentiels au Complexe pédiatrique de Bangui, un établissement clé pour la santé infantile dans la région. Ils soulignent l'importance clé d'une collaboration renforcée entre les différents acteurs pour maintenir la qualité des prestations offertes et éviter une dégradation supplémentaire de la situation sanitaire des enfants. Un appui financier et logistique est jugé indispensable pour inverser la tendance de la baisse d'affluence et répondre efficacement aux besoins médicaux des jeunes patients, garantissant ainsi que l'hôpital puisse remplir sa mission de santé publique.

Témoignages des parents

La diminution de l'activité au sein du Complexe pédiatrique est visible et palpable. De nombreux lits sont désormais vides dans les unités A et B du Complexe pédiatrique, constat qui témoigne de manière frappante de la diminution de l'affluence au sein de l'établissement. Cette situation contraste fortement avec l'activité habituelle de ces services, où la présence d'enfants hospitalisés était auparavant plus dense et les lits rarement inoccupés. La réduction du nombre de patients admis se manifeste concrètement par ces lits inoccupés, reflétant les difficultés rencontrées par les familles pour accéder aux soins ou leur hésitation à fréquenter l'hôpital en raison des coûts ou de la perception d'une qualité de service dégradée. Ces lits vides sont un indicateur silencieux mais puissant de l'impact de la suspension des programmes de soins gratuits et des défis persistants en matière d'accès aux soins.