La saison des pluies aggrave les accidents routiers en RCA, faute d'entretien

Camion Enlise sur la route Boueuse qui relie la ville de Sibut a Grimari en Republique Centrafricaine
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Un accident de la route s'est produit ce lundi à l'entrée du village de Poumbaïndji, situé à douze kilomètres de Paoua sur la route de Bozoum, en République Centrafricaine (RCA). Cet événement tragique met une fois de plus en lumière les conditions alarmantes et dégradées des infrastructures routières du pays, des artères vitales qui n'ont pas fait l'objet de rénovations substantielles depuis plus de dix ans. La saison des pluies actuelle exacerbe ces difficultés, transformant des routes déjà précaires en pièges dangereux pour les usagers.

Détails de l'accident et bilan humain

L'incident de ce lundi a impliqué un camion à douze roues, immatriculé BG25 AAJ, qui transportait à la fois des marchandises et des passagers. Le véhicule s'est renversé à l'entrée du village de Poumbaïndji, créant une scène de chaos et de détresse. L'accident a occasionné de multiples blessures parmi les occupants du véhicule, qui se dirigeait vers Paoua. Au total, quatorze personnes ont été blessées lors de cet événement.

Parmi les victimes, cinq passagers se trouvaient dans un état grave et ont nécessité une administration urgente de fluides intraveineux dès les premiers secours prodigués sur place. Neuf autres victimes souffraient principalement de traumatismes au dos et de fortes douleurs aux jambes, témoignant de la violence de l'impact. Face à l'urgence de la situation et la nécessité de soins médicaux approfondis, l'ensemble des quatorze personnes blessées ont été transportées sans délai à l'hôpital de district de Paoua pour recevoir des soins médicaux complémentaires et évaluer l'étendue de leurs blessures.

Cause profonde des dégradations et facteurs aggravants

L'accident de Poumbaïndji a été attribué à une combinaison de facteurs, pointant du doigt la dégradation avancée de la route ainsi que la surcharge du camion, qui dépassait manifestement les limites autorisées. Cette situation n'est malheureusement pas isolée en République Centrafricaine. L'état général des infrastructures routières est déplorable à travers le pays. La capitale elle-même, Bangui, est décrite comme ressemblant davantage à un grand village en raison d'un abandon total de l'entretien et de l'investissement dans ses infrastructures, illustrant l'ampleur du problème à l'échelle nationale.

La surcharge des véhicules, comme celle observée dans le cas du camion BG25 AAJ, est une pratique courante sur les routes centrafricaines. Elle constitue un facteur de risque majeur, exacerbant les dangers inhérents à des routes déjà en piteux état. Les routes, souvent non pavées ou criblées de nids-de-poule profonds, deviennent particulièrement périlleuses pendant la saison des pluies, où la visibilité est réduite et la chaussée glissante et boueuse.

Priorités gouvernementales contestées et conséquences

Depuis 2016, le gouvernement centrafricain a choisi d'allouer des milliards de francs CFA à la sécurité du régime, dépensant des sommes considérables pour les mercenaires russes de Wagner et d'Africa Corps, selon l'article. Cette décision de privilégier la sécurité intérieure par des moyens externes est mise en contraste frappant avec le manque chronique d'investissements dans l'entretien et la rénovation des infrastructures routières du pays. La dégradation avancée des routes, qui n'ont pas bénéficié de rénovations significatives depuis plus de dix ans, note les priorités budgétaires contestées et leurs conséquences directes sur la vie quotidienne et la sécurité des citoyens.

Ce choix politique a des répercussions directes et souvent tragiques sur la sécurité des usagers, comme en témoignent les accidents routiers fréquents et les bilans humains qui en découlent. L'absence d'une politique d'entretien routier durable non seulement entrave le développement économique en compliquant le transport de marchandises et de personnes, mais met également en péril la vie des Centrafricains qui dépendent de ces routes pour leurs déplacements quotidiens. L'accident de Poumbaïndji est un rappel poignant de l'urgence d'une réorientation des investissements vers des infrastructures essentielles pour la sécurité et le bien-être de la population.