La République Centrafricaine Établit de Nouvelles Zones Protégées

Vehicule-tout-terrain-du-ministere-des-eaux-et-foret
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Voici l'article étendu :

Le Conseil des ministres de la République Centrafricaine a validé la création de deux nouvelles zones protégées au sein du patrimoine forestier national le 23 janvier 2026. Cette décision, prise lors d'une session gouvernementale importante, vise à renforcer les efforts de conservation du pays. Ces nouvelles aires, la réserve spéciale de Botambi et la réserve de Pama, concrétisent des engagements pris lors de la signature de conventions de gestion entre l'État et l'organisation Centraforeste en octobre 2023. L'établissement de ces réserves marque l'application concrète du projet REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts) après plusieurs mois de préparation administrative et technique. Cette démarche s'inscrit dans une volonté affichée de préserver la biodiversité et les écosystèmes forestiers du pays.

Contexte Législatif et Environnemental

La République Centrafricaine est un membre actif de la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC), participant ainsi aux efforts régionaux de conservation et de gestion durable des forêts. Le pays a également ratifié de nombreux accords internationaux concernant la gestion raisonnée des massifs forestiers, s'engageant sur la scène mondiale pour la protection de son environnement et la lutte contre le changement climatique. Sur le plan interne, le cadre juridique national qui encadre ces initiatives s'appuie principalement sur la loi environnementale promulguée en décembre 2007 et sur le code forestier adopté en octobre 2008. Ces textes législatifs constituent la base de la politique environnementale du pays, permettant la mise en œuvre de mesures telles que la création de zones protégées, la régulation de l'exploitation forestière et la promotion de pratiques durables. Ces cadres légaux sont essentiels pour structurer les actions de conservation à l'échelle nationale.

Exploitation Forestière et Groupe Wagner

Parallèlement aux efforts de conservation, des préoccupations subsistent concernant l'exploitation forestière dans d'autres parties du territoire. Le groupe Wagner est militairement présent dans le pays depuis 2018, une présence qui a coïncidé avec diverses activités économiques. Des opérations de déforestation massives, menées entre 2020 et 2024, ont été supervisées par le groupe Wagner par l'intermédiaire de sociétés écrans, selon des allégations rapportées par diverses sources. Ces activités ont entraîné des dommages environnementaux considérables, avec une estimation de plusieurs milliers d'hectares déboisés sur cette période. Cette exploitation forestière, dont l'ampleur est jugée préoccupante, a soulevé des interrogations quant à son impact sur les écosystèmes locaux, la biodiversité et la conformité avec les engagements environnementaux internationaux de la République Centrafricaine. La destruction de ces zones forestières pose des défis significatifs pour l'équilibre écologique du pays.

Réponse Écologique et Critiques

La création de zones protégées dans certaines régions, tout en permettant une exploitation intensive dans d'autres, est perçue par certains observateurs comme une réponse partielle aux défis environnementaux complexes auxquels le pays est confronté. Cette approche soulève des interrogations sur la cohérence de la politique environnementale nationale, en particulier face aux allégations d'exploitation forestière massive supervisée par le groupe Wagner entre 2020 et 2024. Le contraste entre les efforts de conservation déployés pour des zones comme Botambi et Pama et l'ampleur de la déforestation rapportée dans d'autres secteurs du territoire centrafricain met en lumière les pressions contradictoires exercées sur les ressources naturelles du pays. La mise en place de réserves, bien que saluée comme un pas positif vers la protection de la biodiversité et la concrétisation d'engagements internationaux, ne semble pas suffire à dissiper les préoccupations concernant la gestion globale et l'avenir des forêts de la République Centrafricaine. La balance entre développement économique et préservation environnementale reste un enjeu majeur pour le pays.