La République centrafricaine (RCA) se mobilise face à une épidémie d'Ebola qui affecte actuellement le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), pays voisin. À ce jour, aucun cas d'Ebola n'est enregistré en République centrafricaine, selon des informations rapportées. L'Ouganda a confirmé trois nouveaux cas samedi, portant le total à cinq, dont un chauffeur ayant transporté le premier patient confirmé et un agent de santé le soignant, tous deux sous traitement. Selon des sources concordantes, des manifestants dans la ville de Rwampara ont incendié des tentes hospitalières jeudi, après s'être vu refuser de récupérer le corps d'un proche pour l'enterrement. Cet incident a entraîné le départ de 18 patients suspectés d'être atteints d'Ebola. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a rapporté plus de 900 cas suspects en date de dimanche, et 177 décès liés à l'épidémie ont été enregistrés.
Renforcement des mesures transfrontalières
Les pays voisins ont intensifié leurs mesures de surveillance face aux craintes d'une propagation transfrontalière de l'épidémie. Les autorités sanitaires et les agences humanitaires à travers l'Afrique de l'Est et du Sud renforcent le dépistage aux points de passage clés et intensifient la planification de la préparation. Des campagnes de sensibilisation communautaire ont également été étendues, parallèlement au dépistage aux frontières et aux mesures de surveillance locales. Un des principaux foyers en RDC orientale est une zone caractérisée par l'insécurité, les mouvements de population et les liens transfrontaliers avec l'Ouganda.
L'Ouganda a annoncé la suspension temporaire de toutes les célébrations culturelles et commémorations qui attirent de nombreux participants le long de la frontière avec le Congo, a signalé Diana Atwine. Le pays a également interrompu les principales voies de transport, y compris tous les transports publics entre le Congo et l'Ouganda, pour une durée de quatre semaines. Le ministère de la Santé du Rwanda a déclaré vendredi que le pays restait « ouvert, sûr et préparé », tout en annonçant des « mesures renforcées de contrôle à l'entrée ». Tous les ressortissants étrangers ayant transité par le Congo au cours des 30 derniers jours se verront refuser l'entrée au Rwanda. Les résidents rwandais ayant visité le Congo seront soumis à des « procédures de quarantaine obligatoires », selon le ministère de la Santé du Rwanda. La publication de cet article date du 2 juin 2026.
Préoccupations et alertes régionales
La Zambie, qui partage plus de 1 600 kilomètres de frontière avec le Congo, est confrontée à un niveau de menace très élevé, selon des informations rapportées. Eugene Njovu, président de la Southern Africa Truck Drivers’ Association of Zambia, a exprimé sa grande inquiétude pour les 2 500 membres de son organisation. « Nous sommes très inquiets et préoccupés », a-t-il déclaré, ajoutant que les chauffeurs de camion sont particulièrement vulnérables. L'association s'active à sensibiliser ses membres, les exhortant à la prudence et au respect des bonnes pratiques sanitaires pour éviter tout contact inutile avec les communautés. Njovu a également souligné que la fermeture des frontières « désavantagerait nos membres en termes de revenus ». « Vraiment, notre prière est que la situation soit gérée de manière adéquate avant qu'elle n'atteigne des niveaux insupportables », a-t-il affirmé. La Croix-Rouge zambienne collabore avec le gouvernement zambien dans les efforts de préparation. Parallèlement, le Malawi a déclaré l'épidémie « une préoccupation de santé publique », intensifiant le dépistage dans ses aéroports et aux points frontaliers, et formant des professionnels de la santé à la détection des cas d'Ebola. Les États-Unis se sont engagés à mobiliser une aide étrangère initiale de 23 millions de dollars pour soutenir les efforts de réponse.
Contexte de l'épidémie et défis
Le Dr Ousmane Gamarko Sossal, néphrologue et chef du service des urgences médicales de l'Hôpital Communautaire de Bangui, est intervenu sur la situation. C'est la 17ème fois que le virus Ebola mortel apparaît au Congo, marquant un défi récurrent pour la santé publique. Cette épidémie est restée indétectée, probablement pendant des semaines, car les tests standard d'Ebola donnaient des résultats négatifs. Le délai d'incubation d'Ebola est d'environ 21 jours, comme l'a précisé Sody Munsaka. Une femme congolaise, rentrée dans son pays mais traitée en Ouganda, a également été testée positive, soulignant la complexité de la gestion transfrontalière des cas.