La controverse concernant la nationalité d'Anicet Georges Dologuélé s'est intensifiée à la suite de déclarations de Fidèle Gouandjika et d'Évariste Ngamana, marquant une escalade significative dans un débat politique et juridique déjà tendu. Évariste Ngamana, désigné comme « le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé », a affirmé que M. Dologuélé devait adresser une demande de réintégration au Président, conformément au Code de la nationalité. Cette exigence, selon M. Ngamana, est une étape indispensable pour que M. Dologuélé puisse légitimement conserver sa nationalité centrafricaine. Cependant, le Conseil constitutionnel a rejeté la contestation de la candidature de M. Dologuélé. La Cour a explicitement statué que M. Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration dans les conditions invoquées par ses détracteurs, infirmant ainsi la position défendue par certains membres du gouvernement. Cette décision du Conseil constitutionnel marque un point de blocage dans la stratégie visant à invalider sa candidature et à remettre en question sa légitimité politique.
Les affirmations sur la nationalité
Fidèle Gouandjika, conseiller du Président Touadéra, a suggéré publiquement qu'Anicet Georges Dologuélé devrait reconnaître la victoire du Président et demander sa réintégration dans la nationalité centrafricaine. Cette déclaration met en lumière une tentative d'associer la question de la nationalité à la reconnaissance politique. La position du gouvernement, telle qu'articulée par Évariste Ngamana, lie directement la question de la nationalité à la validité du mandat de M. Dologuélé en tant que député. M. Ngamana a insisté sur le fait que M. Dologuélé devait écrire au Président pour solliciter sa réintégration, en s'appuyant sur les dispositions du Code de la nationalité. Selon M. Ngamana, si M. Dologuélé ne formulait pas cette demande de réintégration, il n'aurait pas la nationalité nécessaire pour conserver son siège de député, ce qui aurait des implications directes sur son statut politique et son éligibilité. Ces affirmations interviennent alors que le Conseil constitutionnel a rejeté la contestation de la candidature de M. Dologuélé. La plus haute juridiction centrafricaine a explicitement statué que M. Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration dans les conditions invoquées par ses détracteurs, contredisant ainsi les arguments avancés par M. Gouandjika et M. Ngamana.
La décision du Conseil constitutionnel
La question de la nationalité d'Anicet Georges Dologuélé avait déjà été examinée par le Conseil constitutionnel lors du contentieux lié à l'élection présidentielle de 2025. Cette précédente analyse judiciaire avait déjà posé les bases de la position actuelle de la Cour. Dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025, la plus haute juridiction centrafricaine avait jugé qu'aucun décret n'avait formellement constaté la perte de la nationalité centrafricaine de M. Dologuélé. Cette constatation était clé car elle remettait en question l'argument selon lequel il aurait automatiquement perdu sa nationalité. Le Conseil constitutionnel avait estimé que l'acquisition volontaire d'une nationalité étrangère n'entraînait pas automatiquement la perte de la nationalité centrafricaine dans ce dossier spécifique, une interprétation qui dérogeait à une application stricte et automatique de certaines dispositions légales. Cette position venait contredire une décision antérieure qui avait semé le doute sur la nationalité de M. Dologuélé. Le 16 octobre 2025, le Tribunal de grande instance de Bangui avait annulé le certificat de nationalité d'Anicet Georges Dologuélé, créant un précédent juridique que le Conseil constitutionnel a choisi de ne pas suivre. En rejetant la contestation de la candidature de M. Dologuélé et en affirmant qu'il ne pouvait être soumis à des formalités de réintégration dans les conditions invoquées, le Conseil constitutionnel a consolidé sa jurisprudence sur cette affaire.
Implications et contestations juridiques
Crépin Mboli-Goumba conteste cette interprétation avancée par le gouvernement, soulignant la nécessité d'établir d'abord si M. Dologuélé a légalement perdu sa nationalité centrafricaine avant d'envisager une quelconque procédure de réintégration. Cette approche met en lumière la complexité juridique du dossier. L'article 147 de la Constitution de 2023 stipule de manière explicite que « Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles. » Cette disposition confère une autorité incontestable aux jugements de la Cour constitutionnelle. M. Mboli-Goumba s'interroge sur la manière dont une autorité administrative pourrait désormais considérer que M. Dologuélé a perdu sa nationalité après la décision formelle et contraignante du Conseil constitutionnel. Il met en lumière la force contraignante des décisions de la plus haute juridiction du pays, censées s'imposer à toutes les entités de l'État, y compris les autorités administratives et les pouvoirs publics. Cette situation soulève des questions fondamentales sur le respect de l'état de droit et la séparation des pouvoirs, dans un contexte où la stratégie gouvernementale semble vouloir contourner une décision judiciaire définitive.