La crise de l'éducation en République centrafricaine : le constat alarmant de Crépin Mboli-Goumba

Maître Crépin Mboli-Goumba : « Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », le président du Patri décrit la dégradation des conditions de vie et des services publics
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Crépin Mboli-Goumba, président du parti Patri et coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), dresse un constat critique de l'état de l'éducation en République centrafricaine. Il interroge la gestion des infrastructures éducatives et les conditions d'apprentissage des élèves, soulignant un besoin structurel massif. Dans son analyse, il met en exergue le décalage profond entre les aspirations nationales et la réalité matérielle vécue par les apprenants au quotidien sur l'ensemble du territoire.

Le système éducatif centrafricain affiche un taux d'encadrement limité, avec une estimation d'un enseignant pour 200 élèves. Cette statistique, qui illustre la précarité du secteur, note la difficulté pour les cadres pédagogiques de maintenir un niveau d'enseignement adéquat dans des salles de classe souvent surchargées. Face à cette situation, la Banque mondiale évalue à 12 000 le nombre de nouveaux enseignants nécessaires pour atteindre un ratio plus soutenable d'un enseignant pour 40 élèves. Ce besoin chiffré met en lumière l'ampleur du défi logistique et budgétaire auquel le pays doit faire face pour espérer une amélioration significative de la qualité de l'instruction publique.

Crépin Mboli-Goumba exprime son désarroi face à la dégradation des lieux de savoir : « Avez-vous déjà eu envie de pleurer pour votre pays ? Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent ». Il pointe particulièrement l'Université de Bangui : « Par exemple, là où il y a la faculté de droit qui n’a pas changé. Les amphithéâtres n’ont pas changé ». Selon lui, l'état des locaux illustre l'échec des politiques publiques : « Il n’y a pas ce symbole plus parlant du naufrage de l’ambition nationale et de la dignité nationale que ce bâtiment-là ». Il ajoute, en précisant les conditions matérielles précaires des étudiants sur place : « C’est une honte nationale que même pour se soulager, on demande l’aide de quelqu’un ».

Au-delà de l'état physique des bâtiments, le coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC) insiste sur les conséquences directes de ce délabrement sur la motivation des étudiants et la valorisation du diplôme national. Il note que la vétusté des infrastructures, combinée au manque criant de personnel enseignant, freine l'éclosion d'une nouvelle génération de cadres capables de porter les projets de développement du pays.

Appelant à une vision à long terme, Crépin Mboli-Goumba insiste sur la nécessité de réinvestir dans le capital humain : « Je pense qu’on ne peut se développer que par le savoir ». Pour lui, la priorité doit être accordée à la reconstruction des bases du système éducatif. Il conclut sur l'urgence d'agir : « Il faut construire pour les 50 prochaines années ». Cette perspective suppose, selon le président du parti Patri, un engagement soutenu et une planification rigoureuse pour transformer durablement le paysage éducatif centrafricain et répondre aux besoins des générations futures.