La SODECA a annoncé un projet visant la construction de 3 000 forages à Bangui et dans ses environs afin de répondre aux besoins en eau. Jean-Pierre Mara, ancien député de la République centrafricaine, conteste la priorité accordée par les autorités à cet enjeu. Selon lui, « les dignitaires des régimes successifs n’ont pas à leur agenda l’existence même de l’eau ». Ce projet de grande envergure, qui ambitionne de déployer ces 3 000 forages sur l'ensemble de la capitale et ses zones périphériques, soulève des interrogations sur la stratégie de planification à long terme des infrastructures hydrauliques.
L’ancien parlementaire soutient que « sans eau, il n’y a ni propreté ni salubrité » et affirme que « l’eau est là ! Et sans inondation ». Jean-Pierre Mara insiste sur la nécessité d’un modèle économique pérenne pour les infrastructures. Il déclare : « L’habitant doit avoir accès et payer pour contribuer aux investissements ». Ce constat note les critiques sur la gestion actuelle des ressources hydriques, remettant en cause la viabilité des solutions techniques proposées face aux impératifs de développement urbain.
Une gestion politique critiquée
La SODECA et le ministère de l’Hydraulique ont annoncé en 2021 un projet prévoyant la construction de dix forages dans les quartiers Mbémbé et Cité Nazareth, situés à Bangui. Cette initiative ciblait deux zones spécifiques de la capitale afin de renforcer l'accès aux ressources hydriques pour les populations locales. Les autorités centrafricaines entendaient ainsi répondre aux besoins des habitants de ces secteurs par l'installation de ces infrastructures. Ce programme, porté conjointement par la société de distribution d'eau et le ministère de tutelle, s'inscrivait dans les objectifs de développement des services publics essentiels dans la ville. L'annonce de ces dix forages en 2021 marquait une volonté institutionnelle de cibler des besoins immédiats dans des quartiers identifiés comme prioritaires par le ministère de l’Hydraulique, illustrant une approche opérationnelle que Jean-Pierre Mara, en tant qu'ancien député de la République centrafricaine, juge insuffisante au regard des enjeux structurels globaux.
Le paradoxe des ressources hydriques
Le géographe Yves Boulvert a documenté les crues historiques du fleuve Oubangui à Bangui depuis 1889. Ces relevés archivent onze inondations majeures du cours d'eau dont les débits ont atteint ou dépassé 12 000 m³/s. Les données historiques identifient précisément trois épisodes d'une ampleur particulière survenus en 1916, 1961 et 1999. Ces événements témoignent de la variabilité hydrologique du fleuve qui borde la capitale centrafricaine. Le travail de recherche mené par Yves Boulvert met en lumière la puissance du fleuve Oubangui, dont les crues historiques rappellent la complexité de la gestion de l'eau à Bangui. En recensant ces onze inondations majeures, les travaux scientifiques soulignent un paradoxe entre l'abondance naturelle de la ressource, marquée par ces débits impressionnants, et les difficultés récurrentes d'accès à l'eau potable pour les populations, malgré les projets de forages annoncés par la SODECA.