À Bangui, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC) a lancé une offensive verbale majeure contre le gouvernement centrafricain. Par l'intermédiaire de son coordonnateur national, Petit Delphin KOTTO, l'organisation a diffusé une lettre ouverte qualifiée de « particulièrement virulente », ciblant directement le régime actuel. Cette déclaration publique marque une escalade de la tension entre une partie de la société civile et les autorités en place en République centrafricaine, soulignant des désaccords profonds sur la gouvernance et l'orientation du pays. La publication de cette lettre ouverte a suscité un vif débat au sein de la capitale et au-delà, mettant en lumière les préoccupations de la société civile.
Accusations de dérive occulte
La COSCIPAC et son coordonnateur national, Petit Delphin KOTTO, accusent le président Faustin Archange Touadéra d'avoir abandonné la foi au profit de l'occultisme, du fétichisme et de la magie. Selon l'organisation, ces pratiques seraient utilisées par le chef de l'État pour conserver son emprise sur le pays et maintenir son pouvoir. Ces allégations jettent une ombre sur la légitimité perçue du pouvoir en place et interrogent sur les fondements des décisions prises au sommet de l'État.
Petit Delphin KOTTO affirme que la direction de l'État centrafricain se laisse guider par des marabouts et des rituels ésotériques avant de prendre des décisions politiques. Ces allégations soulèvent des préoccupations quant à l'influence de pratiques non conventionnelles sur la gouvernance du pays, suggérant une dérive loin des principes de laïcité ou de gouvernance religieuse traditionnelle. Petit Delphin KOTTO établit un lien direct entre les disparitions répétées d'enfants et la multiplication des accidents tragiques, les attribuant à de prétendus sacrifices rituels. La COSCIPAC déplore par ailleurs l'absence persistante d'enquêtes judiciaires approfondies concernant ces incidents tragiques, ce qui alimente les soupçons et le sentiment d'impunité. L'organisation pointe du doigt l'érection de monuments à Bangui comme un élément contextuel qui, selon elle, s'inscrit dans cette toile de fond de pratiques occultes. Ces allégations s'inscrivent dans un discours plus large de dénonciation des pratiques occultes au sein de la gouvernance, selon l'organisation.
Appel à la purification spirituelle
Face à ces allégations graves, Petit Delphin KOTTO et la COSCIPAC proposent une opération de purification spirituelle nationale, présentée comme un remède aux maux du pays. Selon l'organisation, cette démarche vise à assainir l'atmosphère spirituelle de la République centrafricaine et à restaurer une gouvernance basée sur des principes plus vertueux et transparents. Cette initiative est perçue comme une tentative de réaffirmer des valeurs morales et éthiques face à ce qu'ils considèrent comme une corruption spirituelle du pouvoir.
Cette purification proposée implique la participation de l'ensemble de la population centrafricaine. Il est demandé aux citoyens de se laver avec du sel pendant sept jours consécutifs, du 12 au 18 août, en commençant à minuit. L'initiative prévoit de répandre du sel sur les ronds-points et les monuments publics, symboles de l'espace commun et des institutions. Ces actions symboliques sont destinées à engager collectivement la population dans un acte de rédemption et de protestation spirituelle.
Fondements religieux et appel final
Petit Delphin KOTTO et la COSCIPAC appuient leur démarche sur des références bibliques et sur des dénonciations émanant de personnalités religieuses. Parmi celles-ci, le Révérend Charles Talingano est cité par l'organisation pour renforcer la légitimité de leur appel et ancrer leur message dans une tradition spirituelle reconnue. La citation de figures religieuses vise à donner un poids moral et une autorité spirituelle à leur mouvement.
La COSCIPAC conclut son message en exhortant la population centrafricaine à un triple engagement : la repentance, la prière et l'accomplissement de leur devoir civique. Cet appel final vise à mobiliser les citoyens autour d'une démarche spirituelle et collective pour le pays, les invitant à une introspection personnelle et à une action collective pour le changement.