Marie-Reine Hassen, ancienne ministre de la République centrafricaine, s’est exprimée lors d’une conférence-dîner organisée au Sénat français le 23 octobre 2026. Son intervention, tenue dans l'enceinte de la chambre haute du Parlement français, a porté sur la situation actuelle de son pays, marquée selon elle par une spoliation inédite de ses ressources naturelles. Cette prise de parole publique visait à alerter les décideurs et les observateurs présents sur la gravité de la crise multidimensionnelle qui frappe la République centrafricaine.
Marie-Reine Hassen a affirmé que la République centrafricaine subit une exploitation plus sévère sous l'influence actuelle de la Russie et du Wagner Group qu'au cours des 66 années de colonisation française. « En 66 ans de colonisation française, la RCA n’a jamais été autant exploitée, je dis bien jamais, et cela peut paraître paradoxal, choquant même, pour ceux qui gardent en mémoire les pages sombres de la colonisation, mais c’est la réalité que nous vivons aujourd’hui, une réalité que nous mesurons chaque jour dans nos villages pillés, dans nos forêts rasées, dans nos mines confisquées, dans nos populations affamées et terrorisées, et cette réalité, elle est d’autant plus douloureuse qu’elle se produit non pas sous la férule d’une puissance coloniale assumée, mais sous le couvert d’une coopération présentée comme fraternelle et désintéressée », a-t-elle déclaré devant l'auditoire.
L'ancienne ministre a qualifié le contexte actuel de « razzia », décrivant un processus de pillage systématique touchant une grande variété de ressources nationales. Selon ses termes, cette opération englobe l'or, les diamants, le bois, le carburant, le bétail ainsi que les produits forestiers. Cette énumération note, selon l'oratrice, l'ampleur de la prédation qui s'exerce sur l'ensemble du territoire national.
« Avec la Russie et ses mercenaires de Wagner, c’est aujourd’hui une véritable razzia qui se déroule au vu et au su du peuple centrafricain, avec la totale complicité de ses dirigeants, une razzia au sens le plus ancien et le plus brutal du terme, c’est-à-dire une expédition de pillage, une opération de capture et de spoliation, menée sans aucune retenue, sans aucun scrupule, sans aucune considération pour les populations qui en sont les victimes, et cela se passe sous nos yeux, dans nos propres villes, dans nos propres campagnes, sans que rien ni personne ne semble en mesure de l’arrêter », a précisé Marie-Reine Hassen.
Pour l'ancienne ministre, le caractère systématique de ces prélèvements empêche toute perspective de développement local. Elle a insisté sur le fait que la richesse nationale, au lieu de servir à améliorer les conditions de vie des citoyens centrafricains, est désormais détournée de manière organisée. En s'exprimant au Sénat français, Marie-Reine Hassen a cherché à donner une résonance internationale à ce qu'elle qualifie de dépossession durable, insistant sur l'urgence d'une prise de conscience face à l'implication directe des acteurs russes dans la gestion des ressources du pays. Cette conférence-dîner a ainsi servi de tribune pour exposer ce que l'ancienne ministre considère comme le démantèlement programmé de l'économie centrafricaine sous l'égide du Wagner Group.