La Centrafrique Accusée de Cyber-Paranoïa Face aux Critiques en Ligne

La Direction Générale de la Police Nationale en République centrafricaine a publié un document officiel demandant à Meta de censurer des pages sur Facebook et Instagram. Cette requête vise spécifiquement des contenus jugés critiques envers le gouvernement et les institutions de l'État centrafricain. La police de Bangui sollicite la suppression de ces publications et des comptes associés, témoignant d'une volonté de contrôler la narration en ligne et de museler les voix dissidentes. Cette initiative intervient dans un contexte de surveillance accrue des réseaux sociaux dans le pays, où les autorités cherchent à maîtriser le discours public.

L'Arsenal Juridique Déployé

La police centrafricaine a affirmé mobiliser des services spécialisés pour géolocaliser l'administrateur de ces comptes en France. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de poursuivre les personnes derrière les publications jugées critiques, même si elles opèrent depuis l'étranger. Les autorités centrafricaines invoquent par ailleurs la Convention de Budapest sur la cybercriminalité pour justifier leurs actions, bien que la République centrafricaine n'en soit pas signataire. Ce cadre juridique est utilisé comme argument pour légitimer les demandes de suppression de contenu et l'identification des administrateurs de pages, malgré le fait que le pays n'ait pas ratifié ce traité international. Cette invocation soulève des questions quant à la validité et à la portée juridique de leurs requêtes.

Réactions et Critiques Virulentes

La police centrafricaine vise spécifiquement les pages Facebook de cyber-activistes identifiés sous les pseudonymes de "Mon Choux Quentin" et "Abdoulkader Legos", selon des documents consultés. Ces comptes sont au centre des préoccupations des autorités de Bangui, qui les accusent de propager des contenus critiques envers le gouvernement et les institutions de l'État. La Direction Générale de la Police Nationale cherche à obtenir leur suppression, ainsi que l'identification de leurs administrateurs, dans le but d'interrompre la diffusion de ces informations.

Cette approche ciblée met en lumière la stratégie des autorités centrafricaines pour contrôler la diffusion d'informations en ligne. La mention explicite de ces deux noms d'utilisateur dans la requête adressée à Meta note la volonté de la police de Bangui de réprimer les voix dissidentes sur les réseaux sociaux. Les autorités, qui affirment mobiliser des services spécialisés pour géolocaliser ces administrateurs depuis la France, intensifient leurs efforts pour museler toute critique perçue comme une menace à la stabilité ou à l'image du gouvernement. Cette démarche illustre la pression croissante exercée sur les plateformes numériques pour modérer des contenus jugés sensibles par le pouvoir en place, soulevant des inquiétudes quant à la liberté d'expression dans le pays.

Contexte de Répression Numérique

La présence de mercenaires de Wagner, dont l'article fait état, s'inscrit dans ce contexte de contrôle renforcé. Ce groupe paramilitaire russe opère en République centrafricaine et est souvent associé à des méthodes de répression, y compris dans le domaine de la surveillance et de la sécurité. Leur implication suggère une dimension sécuritaire et potentiellement coercitive dans la surveillance des activités en ligne et la gestion des critiques, ajoutant une couche de complexité et de menace pour les cyber-activistes.

Les autorités centrafricaines sont également accusées de menaces de rapatriement forcé et de torture. L'article évoque spécifiquement la possibilité de détentions dans des centres comme le camp de Roux ou la prison de Ngaragba à Bangui pour les individus ciblés. Ces allégations soulignent la gravité des risques encourus par les cyber-activistes et les opposants qui se trouvent potentiellement en ligne de mire, et mettent en lumière les pressions extrêmes exercées sur ceux qui expriment des critiques en ligne. Ces menaces contribuent à créer un climat de peur, visant à décourager toute forme de dissidence numérique.