Intimidations contre le journaliste Johnny Yannick Nalimo

Johnny Yannick Nalimo, administrateur du journal Sabangotiala, a reçu une convocation de la part de l'Office Central de Répression du Banditisme (OCRB). Cette procédure judiciaire visant le journaliste intervient dans un contexte d'intimidations rapportées à son encontre. Les autorités n'ont pas communiqué les motifs précis de cette citation à comparaître devant les services de police. Johnny Yannick Nalimo exerce ses fonctions au sein du média Sabangotiala en République centrafricaine.

Une convocation judiciaire floue

L'huissier de justice chargé de remettre la convocation à Johnny Yannick Nalimo a perçu la somme de 10 000 francs CFA de la part de l'enquêteur. Ce document officiel, transmis dans le cadre de la procédure visant l'administrateur du journal Sabangotiala, ne mentionne aucun motif explicite justifiant la comparution. Une source anonyme décrit le contenu du document en ces termes : « Ils ont mis des tampons d’urgence, beaucoup beaucoup sur la convocation. Et la convocation n’a pas de motif, de raison, flou ». L'absence de précisions sur les raisons de cette convocation judiciaire laisse le journaliste dans l'incertitude quant aux reproches formulés par les services de police.

Menaces directes du ministre

Evariste Ngamana, ministre, a menacé Johnny Yannick Nalimo d'un transfert à la prison de Garagba. Cette menace directe fait suite à la couverture médiatique assurée par le journaliste au sein du journal Sabangotiala. Un collègue anonyme rapporte les propos tenus à l'encontre de la profession, expliquant les risques encourus par les journalistes en dehors de la ligne officielle : « C’est-à-dire qu’on ne veut pas que quelqu’un qui fait des marches, manifestations, parle mal. C’est-à-dire qu’il faut tout le monde fermer sa bouche. Tu es journaliste, tu dois être dans la ligne. Contraire, hors, tu parles hors champ, la prison ».

Nicaise Kossi, ambassadeur par intérim, a corroboré les faits rapportés par Johnny Yannick Nalimo concernant les tensions observées à l'ambassade de la République centrafricaine au Maroc. Ces déclarations de Nicaise Kossi confirment l'existence d'un climat conflictuel au sein de la représentation diplomatique, élément central des reportages menés par le journaliste. Johnny Yannick Nalimo avait préalablement documenté les dissensions internes au sein de cette mission diplomatique, attirant l'attention sur les conditions de gestion de l'institution. La confirmation apportée par Nicaise Kossi apporte un éclairage sur les sources des pressions exercées sur le journaliste, alors que celui-ci fait face à des procédures judiciaires et des intimidations croissantes. Les autorités ne se sont pas exprimées sur cette confirmation de l'ambassadeur par intérim concernant les événements survenus au Maroc.