Intervention de Djawé : Les divisions au cœur du pouvoir révélées

Sani Yalo à gauche et Jules Njawe à droite
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Jules Djawé, conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, a pris la parole sur la chaîne Freedom Africa Television, déclenchant des remous au sein de la classe politique à Bangui. Sa déclaration intervient dans un contexte de tensions au pouvoir en Centrafrique. M. Djawé a affirmé : « Nous, les soutiens de la première heure, ceux du mouvement associatif qui ont porté le président en 2016… », mettant en lumière une fracture entre les loyalistes historiques et de nouvelles figures influentes autour du chef de l'État.

Défense et accusations publiques

Jules Djawé a pris la défense de Sani Yalo, ministre d'État autoproclamé et conseiller spécial du président Touadéra, ainsi que de Bida Koyagbélé, ministre délégué aux Grands Projets, récemment interrogés par la justice. Il a catégorisé les soutiens du président en anciens opposants politiques, citant Aurélien Simplice Zingas et Chantal Jean-Édouard Koyambonou, et en figures ayant intégré les institutions après avoir combattu les armes à la main, comme Arnaud Djoubaye Abazène et Hassan Bouba. M. Djawé a qualifié l'instigateur de la procédure judiciaire de « profil rebelle », désignant implicitement Arnaud Djoubaye Abazène, ministre d'État à la Justice. Djawé et Sani Yalo ont affiché un triomphalisme prématuré, dénonçant le processus judiciaire comme une « cabale » et une « conspiration » orchestrées par des « liveurs » de l'opposition. Cependant, l'enregistrement à l'origine de l'affaire était une fuite d'échanges WhatsApp privés impliquant des associés de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Karim Meckassoua, et non un direct Facebook de l'opposition. La défense appuyée de Sani Yalo par Jules Djawé serait également motivée par une ancienne dette de reconnaissance personnelle.

Luttes d'influence et ambitions

L'intervention de Jules Djawé, conseiller du président Faustin-Archange Touadéra, a mis en lumière les fractures politiques, les rancœurs et les ambitions au sein de l'entourage présidentiel. Cette prise de parole sur Freedom Africa Television a révélé des divisions profondes entre les différentes factions soutenant le chef de l'État.

M. Djawé a cherché à établir une hiérarchie parmi les partisans du président, opérant une distinction marquée entre les « soutiens de la première heure » et ceux qu'il a implicitement désignés comme des ralliés plus tardifs. Cette tentative de classification a souligné une tension persistante entre les figures historiques du mouvement associatif ayant porté le président au pouvoir en 2016 et les personnalités ayant rejoint les rangs présidentiels plus récemment ou après d'anciens combats. Cette démarche a non seulement exposé des griefs passés mais a aussi mis en évidence des rivalités actuelles pour l'influence et le pouvoir au sein de la sphère présidentielle centrafricaine.

Contexte présidentiel et abandons

Les auditions judiciaires de Sani Yalo et Bida Koyagbélé sont interprétées par l'entourage de M. Yalo comme une manœuvre visant à affaiblir un potentiel concurrent pour la future vice-présidence. Selon cette lecture, la procédure aurait pour objectif de compromettre ses ambitions politiques au sein de la classe dirigeante centrafricaine, dans la perspective d'échéances institutionnelles.

L'article suggère que le président Faustin-Archange Touadéra aurait été informé des procédures judiciaires engagées contre Sani Yalo et Bida Koyagbélé, et qu'il n'y aurait pas fait opposition. Cette attitude est perçue par certains observateurs comme un abandon politique, marquant une distance prise par le chef de l'État vis-à-vis de proches collaborateurs traditionnellement considérés comme intouchables. Cette position présidentielle alimente les spéculations sur les rapports de force internes.

Portée et enjeux futurs

L'argumentation de M. Djawé suggère que la vice-présidence devrait revenir à ceux ayant soutenu le président Touadéra dès le début par le débat politique. Cette position met en contraste ces soutiens historiques avec ceux qui auraient combattu les armes à la main, traçant une ligne claire pour les futures nominations institutionnelles.