Haut-Oubangui : Le gouverneur dénonce un "jeu de cache-cache" sécuritaire

Victor Bissekoin, gouverneur de la région de Haut-Oubangui.
Photo: RNL/Destin de Bonheur Wilikon via Radiondekeluka

Le gouverneur du Haut-Oubangui, Victor Bissekoin, s'est exprimé sur la situation sécuritaire de sa région en Centrafrique, dénonçant un « jeu de cache-cache » entre les forces de défense et les groupes armés. Les propos de M. Bissekoin ont été recueillis lors d'un entretien et publiés ce mardi 26 mai 2026. Cet entretien exclusif avec le gouverneur a permis de dresser un tableau détaillé des défis auxquels est confrontée cette province stratégique de la Centrafrique.

Situation sécuritaire préoccupante

Victor Bissekoin, gouverneur de la région du Haut-Oubangui, a rapporté une détérioration de la situation sécuritaire dans sa juridiction, située en Centrafrique. Le responsable a exprimé ses inquiétudes concernant l'instabilité persistante qui affecte la vie quotidienne des populations locales. Il a souligné que les défis sécuritaires actuels entravent le développement et la libre circulation des biens et des personnes dans la province. Des incidents récurrents sont signalés, perturbant la quiétude des habitants et créant un climat d'incertitude. Ces troubles sécuritaires ont des répercussions directes sur l'accès aux services de base et la capacité des populations à mener leurs activités économiques. La région du Haut-Oubangui est confrontée à des enjeux complexes, nécessitant une attention accrue pour rétablir une paix durable. Les autorités locales, sous la direction de Victor Bissekoin, cherchent des solutions pour renforcer la sécurité et protéger les communautés, en dépit des nombreuses difficultés rencontrées sur le terrain. L'impact sur les infrastructures et les projets de développement est également une source de préoccupation majeure pour l'administration provinciale. Le gouverneur a insisté sur l'urgence d'une action coordonnée pour contrer cette spirale d'insécurité.

Administration publique en difficulté

L'entretien avec Victor Bissekoin a abordé la situation sécuritaire dans la région du Haut-Oubangui, mais il a également mis en lumière les défis liés au fonctionnement de l'administration publique. Le gouverneur a exprimé des préoccupations quant à l'impact de l'insécurité sur la capacité des services de l'État à opérer efficacement. Cette entrave à l'administration publique affecte directement la prestation des services essentiels aux citoyens et la mise en œuvre des politiques de développement local. Les difficultés rencontrées par les fonctionnaires pour se déployer et travailler dans certaines zones de la province compliquent la gouvernance et le contrôle territorial. Victor Bissekoin a souligné l'interdépendance entre la sécurité et l'efficacité administrative, indiquant que la résolution de l'une est clé pour le bon fonctionnement de l'autre. Il a précisé que le manque de sécurité dans certaines localités rend difficile l'acheminement des ressources et la présence des agents de l'État, créant ainsi des lacunes dans la couverture administrative. Cette situation a pour conséquence de laisser des populations sans accès aux services publics fondamentaux, exacerbant leur vulnérabilité. Le gouverneur a plaidé pour un renforcement des capacités de l'État afin d'assurer une présence effective sur l'ensemble du territoire provincial.

Perspective du gouverneur Bissekoin

Le gouverneur Victor Bissekoin a décrit les dynamiques sécuritaires de la région du Haut-Oubangui comme un « jeu de cache-cache » permanent. Il estime que les groupes armés exploitent la vastitude du territoire et la fluidité des frontières pour échapper aux forces de défense et de sécurité intérieures, y compris les Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés. Cette stratégie, selon M. Bissekoin, rend la traque et la neutralisation des assaillants particulièrement complexes. Il a souligné que les groupes armés se déplacent fréquemment, évitant les confrontations directes avec les forces gouvernementales, et réapparaissent dans d'autres zones une fois la pression relâchée. Cette mobilité constante entrave les efforts de stabilisation et de sécurisation de la province, maintenant un climat d'insécurité pour les populations civiles. Le gouverneur a insisté sur la nécessité d'une approche plus dynamique et d'une meilleure coordination pour anticiper les mouvements de ces groupes et les empêcher de nuire. Il a également mis en avant la complexité de surveiller de vastes zones rurales et forestières, où les groupes armés peuvent facilement se dissimuler. Pour Victor Bissekoin, une solution durable passera inévitablement par un renforcement des moyens des forces de défense et de sécurité, ainsi que par une coopération régionale accrue pour contrôler les mouvements transfrontaliers.