Une fausse annonce d'investissement en cryptomonnaie circule sur les réseaux sociaux depuis le 7 juillet 2026, alertant les autorités en République centrafricaine. Ce communiqué trompeur, dont la diffusion a débuté précisément le 7 juillet 2026, prétend que le Ministère des Finances et du Budget a ouvert une session d'investissement en cryptomonnaie pour stimuler la croissance économique inclusive du pays. La fausseté et la nature trompeuse de l'affirmation selon laquelle le Ministère des Finances et du Budget aurait lancé une telle opportunité d'investissement ont été catégoriquement notées par les autorités centrafricaines.
Ce communiqué trompeur a été publié sur une page Facebook intitulée « BGFI Bank Centrafrique RCA », qui compte 1 900 abonnés. La page utilise le nom de l'entreprise BGFI Bank Centrafrique RCA, ajoutant une couche de crédibilité superficielle à la supercherie. Cependant, l'affirmation selon laquelle le Ministère des Finances et du Budget aurait lancé une telle opportunité d'investissement est catégoriquement fausse et trompeuse, selon les autorités centrafricaines.
Détails de la fausse communication
Le communiqué frauduleux est attribué au Ministère des Finances et du Budget, une attribution qui vise clairement à conférer une légitimité officielle à l'arnaque. Il prétend également que les sessions d'investissement sont supervisées par des « experts en cryptomonnaies centrafricains et américains », une allégation conçue pour rassurer les investisseurs potentiels quant à la compétence et à la portée internationale de l'opération. Ce document demande aux Centrafricains d'envoyer leurs informations via un numéro fourni pour pouvoir investir, avec des montants d'investissement allant de 20 000 FCFA à 250 000 FCFA. Cette fourchette de montants ciblait probablement un large éventail de citoyens, des petits épargnants aux individus disposant de fonds plus importants. La promesse d'une session d'investissement en cryptomonnaie, présentée comme un moyen de stimuler la croissance économique inclusive, est au cœur de cette supercherie.
L'examen du document falsifié révèle de nombreuses incohérences et signes d'authenticité douteuse. Bien que l'en-tête du document falsifié mentionne le « ministère des finances et du budget », le texte se réfère de manière inconsistante à une garantie émanant du « ministère de l’économie et des finances ». Cette divergence sémantique est un indicateur clair de la fabrication du document. Le document est dépourvu de détails d'enregistrement officiels, de numéros de décret, de numéros de loi, ou de citations au journal officiel, des éléments pourtant essentiels à tout acte gouvernemental légitime.
Les logos, armoiries et sceaux présents dans le document présentent de la pixellisation et de la superposition, caractéristiques d'un copier-coller d'images de basse résolution, ce qui trahit une manipulation numérique grossière. Une analyse technique approfondie effectuée par ExifTool a confirmé que la signature attribuée à Hervé Ndoba, le ministre en fonction, a été appliquée numériquement sur un sceau officiel scanné, démontrant une falsification intentionnelle.
Le document utilise par ailleurs la formulation « contactez notre service client », une expression typique d'une entreprise privée plutôt que d'un ministère, ce qui soulève des doutes sur son origine officielle. Il ne fournit pas d'adresse officielle, de site web gouvernemental ou d'adresse e-mail administrative, se contentant d'un numéro WhatsApp : (+236) 73 32 15 68, un canal de communication informel et peu sécurisé pour des transactions financières officielles. Il est à noter que la note d'information et le communiqué, tous deux attribués au Ministère des Finances et du Budget, portent le même numéro de référence : 00060/MFB-26. Cette duplication de référence pour deux documents distincts est une anomalie notable. Enfin, la demande d'une pièce d'identité officielle et d'un numéro de téléphone est caractéristique des tentatives d'usurpation d'identité et de hameçonnage, visant à collecter des informations personnelles sensibles sous couvert d'une opportunité d'investissement.
Contexte des cryptomonnaies et projets nationaux
Cette fausse annonce s'inscrit dans un contexte où la République centrafricaine a connu une relation mouvementée avec les cryptomonnaies. En avril 2023, la loi ayant désigné le Bitcoin comme monnaie légale en République centrafricaine a été abrogée. Cette décision est intervenue après une période durant laquelle le pays avait adopté cette cryptomonnaie, marquant un revirement dans sa politique monétaire suite à des critiques internationales et des préoccupations concernant la stabilité financière.
Malgré cette abrogation, le pays poursuit par ailleurs son projet de cryptomonnaie nationale, le « Sango Coin ». Ce projet vise à attirer des investissements étrangers dans les secteurs de l'extraction minière et des ressources naturelles du pays, offrant une perspective de développement économique innovante. Le gouvernement centrafricain a présenté le Sango Coin comme un levier potentiel pour le développement économique, en offrant une nouvelle voie pour la mobilisation de capitaux internationaux et la valorisation de ses richesses naturelles. Ces initiatives, bien que distinctes de la fausse annonce actuelle, créent un environnement où le public pourrait être plus réceptif aux propositions d'investissement en cryptomonnaies, rendant l'arnaque d'autant plus insidieuse.
Démentis officiels et réactions
Face à la propagation de cette fausse information, plusieurs entités ont rapidement réagi pour alerter le public. L'organisation #StopATènè a confirmé que le communiqué est une escroquerie élaborée, après avoir mené sa propre enquête approfondie. Le 8 juillet, #StopATènè s'est rendue au Ministère des Finances et du Budget pour clarifier la situation et obtenir une confirmation directe de la non-authenticité du document. Le Ministère des Finances et du Budget a formellement démenti l'information par l'intermédiaire de son service de communication, soulignant l'absence de toute initiative d'investissement en cryptomonnaie de sa part. Le même jour, le Ministère des Finances a publié un démenti sur sa page Facebook officielle, appelant à la vigilance face à cette fausse annonce et exhortant les citoyens à ne pas tomber dans le piège de cette supercherie.
Les investigations de #StopATènè ont également inclus un contact avec la Direction Générale de la BGFI Bank, l'institution dont le nom et le logo ont été usurpés sur la page Facebook frauduleuse. Les responsables de la BGFI Bank ont nié toute implication, affirmant que leur compte Facebook avait été récemment piraté, expliquant ainsi la publication du communiqué frauduleux sur une page portant leur nom. Cette révélation met en lumière une double attaque : l'usurpation de l'identité du ministère et le piratage d'une institution financière privée.
Cette fausse information est apparue un jour seulement après une réunion du comité de pilotage du projet SAFE, un projet important pour le développement économique du pays. Cette réunion du projet SAFE a rassemblé des représentants du Ministère des Finances et du Budget, du Ministère du Plan et de la Coopération Internationale, ainsi que la délégation de l'Union Européenne en République centrafricaine, soulignant l'opportunisme de la diffusion de l'arnaque. La concomitance avec un événement officiel majeur pourrait avoir été calculée pour donner une impression de légitimité à l'arnaque ou pour capitaliser sur l'attention portée aux affaires financières et de développement du pays. Les autorités continuent d'appeler à la plus grande prudence face à de telles tentatives de fraude.