Évariste Ngamana, surnommé le « sorcier de Carnot », quitte l'Assemblée nationale après que sa révocation de l'organe législatif a été confirmée par une publication gouvernementale le jeudi 21 mai 2026. Cette décision émane du président Faustin-Archange Touadéra, qui a ainsi choisi de retirer M. Ngamana du corps législatif. Sa sortie du parlement marque un tournant dans sa carrière politique. Ngamana a simultanément été nommé ministre de la Communication et des Médias, assumant également les fonctions de porte-parole du gouvernement. En l'intégrant au gouvernement, le président Touadéra s'assure ainsi d'un suivi rapproché de M. Ngamana, qui passe désormais sous l'autorité directe de la présidence.
Les raisons de l'éviction
La relation entre le président de l'Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, et son ancien vice-président, Évariste Ngamana, aurait atteint un point de non-retour. Cette dégradation des liens entre les deux figures politiques est considérée comme un facteur majeur de la situation actuelle. M. Sarandji a ouvertement exprimé son souhait de ne plus voir Évariste Ngamana au sein de l'Assemblée, selon des sources proches des discussions. Des informations indiquent que Ngamana aurait multiplié les tentatives pour prendre la présidence de l'Assemblée durant la septième législature. Ces manœuvres auraient contribué à exacerber les tensions et à créer un climat de méfiance entre les deux hommes.
M. Sarandji a publiquement accusé Ngamana de sorcellerie, de maraboutage et de complots nocturnes visant à l'assassiner. Ces allégations, d'une gravité considérable, s'inscrivent dans un contexte de tensions prolongées entre les deux hommes, et ont été portées à la connaissance du public, ajoutant une dimension personnelle et mystique au conflit politique. Ngamana fait face à des accusations de détention d'un faux diplôme. Un rapport universitaire, signé par M. Sarandji, attesterait de l'authenticité de cette accusation, ce qui pourrait avoir des implications significatives sur la légitimité de M. Ngamana.
D'autres allégations concernent des calculs secrets et une fraude informatique supposée de la part de Ngamana lors du premier tour des élections législatives, qui n'auraient pas abouti. Ces tentatives présumées, bien que n'ayant pas atteint leur objectif, ont alimenté les suspicions et les critiques à l'encontre de M. Ngamana. Ces éléments complètent le tableau des raisons avancées pour son départ de la vice-présidence de l'Assemblée, soulignant une série de griefs accumulés.
Ambitions contrariées et manœuvres politiques
Des médias, comme Africa Intelligence, ont rapporté qu'Évariste Ngamana nourrissait des ambitions pour le poste de Premier ministre. Ces informations indiquaient que M. Ngamana cherchait à accéder à cette fonction clé au sein de l'exécutif, ce qui aurait pu le placer en position de pouvoir encore plus importante.
Simplice Mathieu Sarandji, le président de l'Assemblée nationale, aurait utilisé son influence pour faire obstacle à la potentielle nomination d'Évariste Ngamana au poste de Premier ministre, selon des sources concordantes. Cette intervention de M. Sarandji s'inscrit dans le cadre des tensions politiques observées entre les deux hommes ces derniers mois, et démontre l'ampleur de l'opposition rencontrée par Ngamana dans ses aspirations. Le rôle de M. Sarandji dans le blocage de cette nomination potentielle met en lumière l'intensité de la rivalité politique et les enjeux de pouvoir au sein des institutions.
Un nouveau rôle, une chute salariale
Le passage d'Évariste Ngamana au ministère de la Communication et des Médias est interprété par certains observateurs comme un « piège doré » et une forme d'« euthanasie politique ». Cette analyse suggère que, bien qu'il conserve un poste ministériel, sa nouvelle position pourrait le marginaliser politiquement et réduire son influence réelle. Ce nouveau poste représente une diminution significative de ses émoluments financiers, ce qui constitue un aspect concret de cette rétrogradation perçue.
Pour contextualiser cette baisse de revenus, il est important de noter qu'un simple député à l'Assemblée nationale perçoit un salaire de base de trois millions de francs CFA. Ce montant peut atteindre entre 3,5 et quatre millions par mois avec les indemnités et les frais de missions, offrant une rémunération substantielle. En comparaison, le salaire d'un ministre d'État est plafonné à 1,5 million de francs CFA. Ce montant peut s'élever au maximum à deux millions cinq cent mille francs CFA en incluant les dépenses additionnelles liées à la fonction ministérielle. Cette différence salariale note un changement notable dans la situation financière de M. Ngamana, malgré son intégration au gouvernement, et renforce l'idée d'une perte d'avantages matériels accompagnant sa nouvelle fonction.