Dans la localité de Ndah, plus connue sous le nom de Sikikidé, les forces de défense font face à la famine, éloignées de leurs familles, suite au non-paiement prolongé de l'indemnité alimentaire globale et à l'expiration de leurs procurations. Cette situation critique, qui touche directement les militaires stationnés dans cette zone reculée, a poussé la majorité d'entre eux à déserter. Seule une quarantaine de soldats demeurent actuellement pour tenir le poste de Sikikidé, et ces derniers seraient également prêts à abandonner complètement la ville, selon des sources locales concordantes.
L'enlisement des troupes
Les soldats affectés à Ndah et Sikikidé sont en poste depuis un an et cinq mois consécutifs, selon les informations recueillies. Cette période prolongée sur le terrain, loin de leurs foyers et sans soutien adéquat, a exacerbé les difficultés. Aucune relève ne leur a été fournie depuis dix-sept mois, créant un sentiment d'abandon profond. Cette situation contraste fortement avec celle d'autres détachements voisins, notamment à Tiringoulou, Gordil, Birao et Am Dafock, qui ont bénéficié d'un soutien logistique et de rotations régulières. Malgré ces opérations de relève ailleurs dans la région, les troupes stationnées à Sikikidé sont restées sans assistance, alimentant le sentiment d'abandon parmi les soldats et mettant en péril leur moral et leur capacité opérationnelle.
L'ampleur de la défection
Sur le contingent initial d'un peu plus d'une centaine de soldats stationnés à Sikikidé, dans la préfecture de la Vakaga, une soixantaine d'entre eux auraient déserté et regagné Bangui par leurs propres moyens. Ces défections massives ont considérablement réduit les effectifs sur le terrain, laissant un poste stratégique avec des effectifs très limités. Des estimations plus larges, provenant de diverses sources proches du dossier, indiquent que le nombre de soldats ayant fui les rangs pour regagner la capitale, Bangui, pourrait atteindre trois cents, quatre cents, voire cinq cents militaires. Ces chiffres alarmants révèlent l'ampleur sans précédent du mouvement d'abandon qui touche les forces armées déployées dans cette région particulièrement isolée et difficile.
Appels à l'aide ignorés
Les autorités locales de la Vakaga ont lancé plusieurs appels de détresse au gouvernement pour obtenir une aide immédiate, a-t-on appris auprès de sources concordantes. Ces appels urgents visaient à alerter les autorités centrales sur la situation critique des troupes et à solliciter des mesures concrètes pour y remédier. Malgré ces sollicitations répétées et l'urgence de la situation humanitaire et sécuritaire, aucune réponse n'a été reçue de la part des instances gouvernementales jusqu'à présent. La situation note l'isolement des troupes sur le terrain et le manque criant de soutien face aux difficultés croissantes. Cette absence de réaction contribue au sentiment d'abandon ressenti non seulement par les soldats, mais aussi par les populations locales, confrontées à une crise humanitaire et sécuritaire grandissante dans la région de Sikikidé.
Conditions de survie précaires
Les soldats restés à Sikikidé sont contraints de puiser l'eau directement du point d'eau local de Sikikidé pour étancher leur soif et tenter de pallier le manque de nourriture, selon des informations recueillies sur place. Cette pratique, jugée risquée en raison des potentiels problèmes sanitaires, met en lumière la gravité des conditions de survie auxquelles sont confrontées les troupes encore présentes sur le site. Sans approvisionnement régulier en eau potable ni en vivres, et privés de l'indemnité alimentaire globale due, les militaires s'adaptent avec les moyens du bord pour subsister. Ils sont forcés de vivre dans une précarité extrême, illustrant l'isolement et la détresse de leur situation, loin de leurs familles et de tout soutien logistique.