Députés Centrafricains Dénoncent la Recrudescence des Barrières Illégales

Des députés centrafricains ont dénoncé la recrudescence des barrières illégales dans plusieurs localités du pays, une situation qui entrave gravement le développement économique et social. Cette problématique a été soulevée avec insistance lors de la présentation du programme de politique générale du gouvernement par le Premier ministre Félix Moloua, soulignant l'ampleur du défi. Ces entraves continuent de peser lourdement sur les activités économiques et le quotidien des populations, particulièrement sur plusieurs axes routiers essentiels du pays, perturbant la libre circulation des biens et des personnes.

Témoignages des Députés

Les élus de la nation ont partagé des témoignages poignants, illustrant la gravité de la situation sur le terrain. Max Balenda, député de Bria 1, a affirmé que la situation dans sa circonscription n'est « pas normale », des agents imposant des montants qui ne suivent pas les procédures officielles. Il a souligné que cette pratique non réglementée crée un climat d'incertitude et de corruption, affectant directement les commerçants et les transporteurs locaux. Suzanne Saté, députée de Bambari 1, a pour sa part dénoncé le harcèlement quotidien subi par les conducteurs de mototaxis et les petits commerçants. Elle a souligné qu'une personne transportant un simple sac de manioc peut être contrainte de payer 500 F ou 1 000 francs CFA, une somme disproportionnée par rapport à la valeur de la marchandise transportée, impactant lourdement le pouvoir d'achat des plus vulnérables.

Sylvestre Dangombé, député de Bégoua 2, a indiqué que des pratiques similaires aux barrières illégales persistent, notamment sur l'axe Bangui-Damara. Il a précisé que ces points de contrôle non autorisés s'ajoutent aux difficultés déjà rencontrées par les usagers de la route. Des éléments de la brigade motorisée sont d'ailleurs présents en permanence à PK 17 sur cet axe, instaurant une présence constante qui, bien que potentiellement légitime, est souvent détournée à des fins de prélèvements illicites. Les contrôles sur l'axe Bangui-Damara s'y déroulent quotidiennement de 5 heures du matin à 18 heures, limitant la fluidité du trafic et augmentant les coûts pour les transporteurs. Une situation comparable est également observée sur l'axe Bangui-Boali, où les usagers rapportent des difficultés similaires et une pression constante pour des paiements non officiels.

Réactions du Gouvernement

Face à ces interpellations, le Premier ministre Félix Moloua a reconnu une période de laxisme dans le contrôle des pratiques liées aux barrières illégales. Cette admission intervient alors que des députés ont alerté sur la multiplication de ces entraves sur les routes centrafricaines, mettant en lumière l'urgence d'une action gouvernementale. Cette reconnaissance marque une étape importante dans la prise en compte de ce problème persistant.

Face à cette situation préoccupante, Félix Moloua a rencontré en mai les services déconcentrés de l'État afin d'identifier des solutions concrètes et durables. L'objectif de ces discussions était de trouver des mécanismes efficaces pour lutter contre la persistance des barrières illégales qui impactent lourdement l'économie et la libre circulation des personnes et des biens dans le pays. Cette démarche gouvernementale vise à restaurer l'ordre et à assurer le respect des procédures officielles sur les axes routiers, garantissant ainsi la sécurité et la fluidité des échanges. Le gouvernement s'engage à renforcer la surveillance et à appliquer des mesures correctives pour éradiquer ces pratiques.

Impact Économique et Social

Les barrières illégales sont tenues responsables de l'augmentation des prix des marchandises sur les marchés locaux, un phénomène qui touche directement le pouvoir d'achat des citoyens. Cette recrudescence des entraves sur les axes routiers contribue directement à la hausse du coût de la vie pour les habitants, rendant les produits de première nécessité moins accessibles. Les populations ainsi que les transporteurs sont confrontés à des difficultés importantes en raison de ces points de contrôle non réglementés, qui ajoutent des frais imprévus et des retards considérables. Ces situations perturbent la chaîne d'approvisionnement et engendrent des retards, augmentant par conséquent les frais de transport et, in fine, les prix des produits de première nécessité. Les usagers des routes subissent un impact socio-économique direct, voyant leur pouvoir d'achat diminuer et leurs activités commerciales entravées, ce qui freine le développement économique global du pays.