L'économie centrafricaine a enregistré une croissance de 3,3 % en 2025, marquant une amélioration notable par rapport aux 1,8 % observés l'année précédente, soit un an plus tôt. Cette progression, bien que positive, reste cependant jugée insuffisante face à la croissance démographique du pays, qui s'élève à un peu plus de 3 %. La Banque africaine de développement (BAD) a salué cette progression, tout en soulignant qu'elle n'est pas encore à la hauteur des défis structurels que rencontre le pays. Le rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) a relevé ces obstacles persistants, offrant une analyse approfondie de la situation économique. La publication de ce rapport de la BAD fait suite à la Revue des finances publiques de la RCA, rendue publique début juillet par la Banque mondiale, qui a également mis en lumière des défis significatifs.
Moteurs et Freins de la Croissance
Parmi les principaux obstacles à une croissance plus solide, le coût du carburant, le déficit énergétique, l’accès limité au financement et la faiblesse des infrastructures ont été identifiés comme des freins majeurs. La progression économique a été principalement soutenue par les secteurs agricole et minier, ainsi que par l’exploitation forestière, qui ont montré une résilience et un potentiel de développement. Le prix du carburant représente un défi significatif, impactant directement les industries et la productivité générale du pays, renchérissant les coûts de production et de transport.
L'insuffisance de l’offre énergétique figure également parmi les autres défis majeurs. Cette carence limite la capacité des entreprises à opérer pleinement et affecte la vie quotidienne des populations. L’accès encore limité au financement pour les petites et moyennes entreprises (PME) représente un frein persistant à leur développement et à leur capacité à innover et à créer des emplois. Enfin, la nécessité d’accélérer la réalisation des infrastructures de transport, d’énergie et d’eau potable est un défi clé pour le développement de la Centrafrique, essentiel pour connecter les marchés, améliorer l'accès aux services de base et soutenir l'activité économique.
Recommandations de la BAD et Constats de la Banque Mondiale
La progression économique de la Centrafrique a été saluée par la Banque africaine de développement (BAD), reconnaissant les efforts déployés par le pays. L'institution encourage les autorités centrafricaines à mieux valoriser les ressources naturelles du pays, qui constituent un atout considérable pour son développement futur. La BAD recommande également de renforcer la mobilisation des recettes publiques, une mesure essentielle pour accroître l'autonomie financière de l'État et réduire sa dépendance extérieure. Une autre recommandation clé de la BAD porte sur la création d'un environnement transparent plus favorable au secteur privé, afin d'attirer les investissements et de stimuler l'entrepreneuriat.
Parallèlement, la revue de la Banque mondiale, quant à elle, a mis en exergue une faible mobilisation de recettes internes, confirmant la nécessité d'une réforme fiscale et d'une meilleure administration des impôts. Cette même revue de la Banque mondiale a également souligné une dépendance significative à l’aide extérieure pour le financement du pays, ce qui rend l'économie vulnérable aux fluctuations de l'aide internationale et limite sa souveraineté économique.
Perspectives Économiques et Gouvernance
Dans ce contexte, les économistes préconisent la digitalisation des finances publiques pour optimiser la collecte et la gestion des ressources de l'État, améliorant ainsi l'efficacité et la transparence. Un renforcement des capacités de l’administration est également jugé nécessaire afin d'améliorer l'efficacité des services publics et la mise en œuvre des politiques économiques, garantissant une meilleure prestation des services et un environnement plus stable pour les affaires. L’amélioration de la gouvernance est identifiée comme un levier essentiel pour favoriser un environnement propice aux investissements et au développement économique durable. Cela inclut la lutte contre la corruption, le renforcement de l'État de droit et la promotion de la bonne gestion des affaires publiques. Enfin, la soutenabilité de la dette et la gestion des finances publiques demeurent des enjeux majeurs pour la Centrafrique, selon les analyses des économistes. Une approche rigoureuse est indispensable pour assurer la viabilité budgétaire à long terme du pays et éviter un endettement excessif qui pourrait compromettre les perspectives de croissance futures.