Elie Oueifio, ancien ministre et préfet, a récemment critiqué la gestion des ressources humaines de l'État en République centrafricaine. Fort de son expérience au sein de l'administration, il a mis en lumière des problèmes structurels qui entravent le bon fonctionnement de l'appareil étatique. Selon ses écrits, les critères de sélection des cadres de la haute fonction publique subissent une « dérive profonde qui paralyse le développement des institutions ». L'ancien membre du gouvernement dénonce l'éviction systématique des compétences nationales, s'appuyant sur son expérience de terrain et ses observations directes. Il observe que le choix des responsables administratifs « ne repose plus sur l’expertise technique ou les diplômes académiques, mais plutôt sur des affinités politiques et claniques », a-t-il déclaré, soulignant un dysfonctionnement majeur dans l'appareil d'État centrafricain. Cette situation compromet sérieusement la capacité du pays à progresser et à offrir des services publics de qualité à ses citoyens.
Exclusion des compétences nationales
Elie Oueifio dénonce une exclusion systématique des compétences nationales lors des nominations administratives en République centrafricaine. Selon lui, cette pratique affecte la qualité de la gouvernance et le fonctionnement des institutions étatiques, privant l'État de ses meilleurs éléments. Des individus qualifiés, possédant une solide expérience en gestion et des parcours académiques pertinents, sont ainsi écartés des postes à responsabilités. Ces cadres expérimentés, dont le savoir-faire serait clé pour le développement du pays, se retrouvent marginalisés et relégués à l'inactivité dans différents arrondissements de la capitale, Bangui. Oueifio affirme que cette situation prive l'administration de l'expertise nécessaire pour relever les défis de développement du pays, créant un déficit de compétences aux niveaux stratégiques de l'État. Cette mise à l'écart des professionnels qualifiés a des répercussions directes sur la performance des administrations et la mise en œuvre des politiques publiques.
Conséquences sur les services publics
Cette inversion des valeurs administratives, où la loyauté politique prime sur la compétence, est identifiée comme la cause principale du déclin des services publics essentiels, notamment l'éducation et l'économie. La qualité de ces secteurs se dégrade de manière alarmante, impactant directement la population et hypothéquant l'avenir du pays. La promotion de la médiocrité au détriment de la méritocratie décourage la jeunesse centrafricaine, qui voit ses perspectives d'évolution limitées par le manque de reconnaissance des compétences et du travail acharné. Ce fonctionnement mine l'efficacité globale de l'appareil étatique, rendant difficile toute tentative de réforme ou de progrès. De nombreux dossiers de réforme jugés essentiels, et qui pourraient apporter des solutions concrètes aux problèmes du pays, demeurent bloqués dans les tiroirs ministériels, faute de volonté ou de capacité à les faire avancer. Les réunions de cabinet, quant à elles, se concluent souvent sans résultats concrets, témoignant d'une paralysie décisionnelle et d'une incapacité à traduire les discussions en actions efficaces.
Critique de la sélection des cadres
Selon les observations d'Elie Oueifio, la sélection des dirigeants administratifs en République centrafricaine ne repose plus sur l'expertise technique ou les diplômes universitaires, mais plutôt sur des affinités politiques et claniques. Cette approche, a-t-il noté, écarte délibérément les critères de compétence au profit de considérations personnelles et de réseaux d'influence, au détriment de l'intérêt général.
Des postes stratégiques qui requièrent une rigueur technique significative et une connaissance approfondie des dossiers sont attribués à des individus qui ne possèdent pas les aptitudes nécessaires ni l'expérience requise, a affirmé Oueifio. Cette pratique entraîne inévitablement une sous-performance de l'administration et entrave gravement le bon fonctionnement des institutions publiques, qui peinent à remplir leurs missions. L'ancien ministre critique fermement cette dérive qui, selon lui, nuit gravement à la gouvernance et au développement du pays, en plaçant des personnes inadaptées à des fonctions clés et en compromettant la capacité de l'État à servir efficacement ses citoyens.