Crise sanitaire critique à l'hôpital de Gambo

Ancien batiment de 1978, comportment la Salle de consultation, service de médecine, pédiatrie , chirurgie de l’hôpital de Gambo. Photo CNC
Photo: CNC via Corbeaunews-centrafrique

L'hôpital de Gambo, situé dans la préfecture du Mbomou en République centrafricaine, fait face à une situation sanitaire critique. Les activités médicales de cette structure se déroulent dans un bâtiment dont la construction remonte à l'année 1978. La vétusté de ces infrastructures, érigées il y a près de cinq décennies, constitue un défi majeur pour la prise en charge des patients dans cette localité. Simon Goussoumalé, en lien avec les informations rapportées par Corbeau News Centrafrique, suit l'évolution de la situation dans cette zone proche de Bangassou. L'état actuel des locaux, inchangé depuis leur édification, limite les capacités d'intervention des services de santé sur place face aux besoins croissants de la population du Mbomou.

Des infrastructures vétustes et inadaptées

L'hôpital de Gambo ne dispose pas d'un bloc opératoire fonctionnel pour traiter les urgences chirurgicales. Cette absence d'équipement spécialisé entrave directement la prise en charge des patients nécessitant une intervention immédiate au sein de la structure. Le manque d'installation dédiée à la chirurgie contraint le personnel médical à faire face aux complications sans les outils indispensables à la pratique de leur métier. Les cas chirurgicaux critiques exigent normalement un environnement stérile et des dispositifs techniques adaptés, aujourd'hui absents de l'établissement. Cette carence structurelle aggrave la vulnérabilité sanitaire des habitants de la préfecture du Mbomou. Les services de santé locaux se retrouvent dans l'impossibilité de réaliser les opérations vitales sur place, ce qui impose des transferts complexes vers d'autres centres de soins. L'inexistence de cet espace chirurgical limite la réponse de l'hôpital face aux urgences médicales graves relevées dans cette zone de la République centrafricaine.

Une pénurie de personnel soignant

L'effectif médical de l'hôpital de Gambo se limite à deux agents de santé qualifiés pour couvrir l'ensemble des besoins de la population. Cette réduction drastique du personnel soignant entrave le fonctionnement quotidien des services et la prise en charge des patients au sein de la structure située dans la préfecture du Mbomou.

Face à l'incapacité de réaliser des interventions sur place, les patients nécessitant des soins d'urgence, notamment les femmes enceintes devant subir une césarienne, doivent être transportés vers la ville de Bangassou. Ce transfert impose un trajet de 75 kilomètres entre les deux localités. Les évacuations médicales vers Bangassou s'effectuent par motocyclette, un mode de transport qui nécessite au minimum trois heures de route.

Le caractère périlleux de ce trajet impacte directement le pronostic vital des personnes évacuées. Plusieurs patients, parmi lesquels des femmes enceintes et des nourrissons, ont trouvé la mort au cours de ce transfert de 75 kilomètres vers Bangassou. L'absence de moyens de transport médicalisés et la durée prolongée du trajet sur des voies non adaptées aggravent les risques pour les malades et les blessés dont l'état exige une assistance médicale immédiate. La situation à Gambo illustre la précarité de l'accès aux soins dans cette partie de la République centrafricaine, où l'insuffisance du personnel soignant et l'éloignement des centres de soins équipés constituent des obstacles majeurs pour la survie des patients.