L’année scolaire a débuté depuis plus de 3 semaines à Yaloké, située dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko. Ce démarrage officiel, qui marque le début des activités pédagogiques pour des milliers d'enfants, se heurte pourtant à une réalité préoccupante sur le terrain. Un nombre important d’élèves délaisse toutefois les salles de classe pour travailler sur les sites miniers de la région. Ce phénomène, qui voit de jeunes écoliers troquer les cahiers contre les outils d’extraction minière, fragilise la continuité de l’apprentissage dès les premiers jours du calendrier scolaire.
Face à cette situation, l’administration de l’École sous-préfectorale-fille de Yaloké et les responsables d’autres établissements consultent les parents pour favoriser le retour des enfants dans le système éducatif. Ces concertations directes avec les familles visent à sensibiliser les parents sur les conséquences immédiates de ce choix pour le cursus scolaire des mineurs. La direction de l’École sous-préfectorale-fille de Yaloké multiplie les efforts pour convaincre les tuteurs de l’importance capitale d’une présence assidue en classe.
Stanislas Toubili, enseignant au Collège d’enseignement général de Yaloké, témoigne des difficultés liées à cette fréquentation irrégulière qui perturbe le déroulement normal des leçons. « Nous avons démarré les cours avec les élèves de la classe de 6ème qui étaient présents. Donc je demande humblement aux parents de laisser leurs enfants venir à l’école. L’école, c’est l’avenir de nos enfants », déclare-t-il. Pour le corps enseignant, l'absence d'une partie des effectifs dès le début de l'année scolaire crée un déséquilibre difficile à rattraper par la suite.
Les directions d’écoles expriment une préoccupation constante quant aux conséquences de ce choix sur le parcours des élèves. Colette Meya Tayassi, directrice de l’École plateau fille, insiste sur l’importance du calendrier scolaire : « Je demande aux parents de laisser leurs enfants venir à l’école. Les cours ont déjà commencé, il faut qu’ils viennent pour qu’on puisse démarrer ensemble le programme. S’ils les laissent encore sur les chantiers, ils ne pourront pas comprendre ce que les autres apprennent ici. »
Le constat est partagé par Irène Rita Saramandi, directrice de l’École sous-préfectorale-fille de Yaloké. Elle note l’impact démobilisateur de l’absentéisme sur le corps enseignant. « Ça nous décourage beaucoup. Je demande aux parents de laisser venir les enfants à l’école, parce que c’est déjà la rentrée. Beaucoup d’enseignants sont déjà là, les directeurs comme les élèves. Je demande aux parents de laisser leurs enfants venir à l’école pour apprendre à lire et à écrire », affirme-t-elle.
Ces échanges avec les familles visent à endiguer l’attrait des mines, alors que le programme pédagogique est officiellement lancé depuis le début du mois d’octobre. Les autorités scolaires locales tentent ainsi de pallier l’absence prolongée des élèves constatée dans les différents établissements de la ville. La mobilisation des directeurs d'écoles, qui s'inscrit dans la durée, constitue une étape clé pour tenter de stabiliser les effectifs et garantir que l'année scolaire, entamée depuis plus de 3 semaines, puisse se poursuivre dans des conditions normales pour l'ensemble des élèves de Yaloké.