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La Coalition de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC) a publié un communiqué de presse percutant à Bangui le 1er septembre 2026. Dans ce document, l'organisation a vivement critiqué le gouvernement centrafricain pour sa concentration jugée excessive et inappropriée sur la personne d'Anicet-Georges Dologuélé, président de l'Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) et figure politique majeure, ayant été candidat à la présidentielle. La COSCIPAC a fermement dénoncé le traitement réservé à M. Dologuélé, le qualifiant de « bouc émissaire », et a lancé un appel pressant au Président de la République. Elle l'a exhorté à réorienter son attention vers les préoccupations nationales fondamentales plutôt que de persister dans une stratégie qu'elle décrit comme visant à faire de l'ancien candidat une « bête à abattre ».
Dans ce contexte tendu, la COSCIPAC a explicitement demandé au gouvernement de ne pas procéder à la destitution potentielle de M. Dologuélé de son mandat de député de Bocaranga. L'organisation a souligné avec force que la situation d'Anicet-Georges Dologuélé n'était pas une affaire isolée, mais qu'elle touchait directement à des principes fondamentaux : le respect des décisions de justice, la dignité humaine inaliénable et, plus largement, l'intégrité de la démocratie en République centrafricaine. Cette position met en lumière les inquiétudes de la société civile quant à l'état des institutions et des droits fondamentaux dans le pays.
Critiques sur les priorités gouvernementales
La COSCIPAC a affirmé avec conviction que les problèmes profonds et quotidiens rencontrés par les populations centrafricaines ne figuraient manifestement pas parmi les priorités affichées ou réelles du gouvernement actuel. L'organisation a, par conséquent, exhorté les autorités en place à accorder une attention beaucoup plus soutenue et concrète aux difficultés quotidiennes qui pèsent lourdement sur la population en République centrafricaine. Elle a insisté sur la nécessité de recentrer l'action publique sur les besoins immédiats des citoyens.
L'organisation a, en outre, vivement critiqué le gouvernement pour ce qu'elle perçoit comme une hiérarchisation inappropriée des activités, privilégiant de manière ostensible les sorties officielles et les apparitions publiques au détriment des préoccupations sociales pressantes qui affectent la majorité des Centrafricains. Selon la COSCIPAC, cette approche délibérée ou involontaire a pour effet de détourner l'attention des véritables besoins et défis structurels auxquels le pays est confronté, créant ainsi un décalage entre les actions gouvernementales et les attentes de la population.
Pour étayer ses propos, la COSCIPAC a énuméré de manière exhaustive plusieurs besoins sociaux et infrastructurels qu'elle juge essentiels et urgents. Parmi ces priorités cruciales, l'organisation a cité la construction, la réhabilitation et l'entretien des routes, qui sont vitales pour le désenclavement et le développement économique. Elle a également mis en avant l'accès universel à l'eau potable, un droit fondamental encore loin d'être garanti pour tous, ainsi que la fourniture stable et fiable d'électricité, indispensable au développement économique et social. L'amélioration substantielle des hôpitaux, la réhabilitation des écoles pour offrir un cadre d'apprentissage digne, et la mise en place de cimetières adéquats figurent également sur cette liste. Ces revendications précises et concrètes soulignent l'écart flagrant perçu par la société civile entre l'action gouvernementale actuelle et les attentes légitimes des citoyens en matière de services publics et de qualité de vie.
Accusations d'autoritarisme et de dérive
La COSCIPAC a également élevé la voix pour critiquer une déclaration récente émanant du ministre d'État à la Communication. Cette déclaration a été interprétée par l'organisation comme une escalade inquiétante et un signe manifeste de la dérive autoritaire que prendrait le régime en place. Cette prise de position publique du ministre est perçue comme un indicateur d'une tendance plus large à la restriction des libertés et à l'affirmation d'un pouvoir sans partage.
L'organisation est allée plus loin dans ses accusations, ciblant directement le gouvernement pour ce qu'elle décrit comme une tentative d'influencer le Conseil Constitutionnel. Selon la COSCIPAC, le gouvernement chercherait activement à passer outre les décisions de cette institution garante de la Constitution, dans le but ultime d'imposer sa volonté aux députés, contournant ainsi les mécanismes démocratiques établis. Une telle démarche, si elle était avérée, saperait gravement l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs.
La COSCIPAC a lancé un avertissement solennel, soulignant que la destitution d'Anicet-Georges Dologuélé de son mandat de député, si elle venait à se concrétiser, constituerait un coup grave et potentiellement irréversible porté à la démocratie en République centrafricaine. Elle a également mis en garde contre le risque que cette action n'aggrave significativement la crise politique déjà latente et complexe qui traverse le pays. Face à ces menaces perçues, l'organisation a lancé un appel vibrant aux Centrafricains, les exhortant à renforcer leur solidarité et à s'unir pour défendre collectivement la démocratie en République centrafricaine, soulignant l'importance clé de cette union face à ce qu'elle considère comme des attaques contre les fondements même de l'État de droit.
Appel à la solidarité et au dialogue
La COSCIPAC a également souligné avec une vive inquiétude l'état alarmant de dégradation des collèges et lycées du pays, alors que la rentrée scolaire 2026-2027 approche à grands pas, à moins d'un mois. L'organisation a mis en lumière la nécessité urgente et impérieuse d'améliorer drastiquement les infrastructures éducatives existantes. L'objectif est de garantir des conditions d'apprentissage minimales et adéquates aux élèves centrafricains, qui sont l'avenir de la nation. Cette situation critique des établissements scolaires, d'après la COSCIPAC, contraste de manière frappante et regrettable avec les priorités affichées par le gouvernement, qui semblent se focaliser sur d'autres aspects.
L'organisation a par ailleurs alerté l'opinion publique sur la situation financière précaire du pays, affirmant qu'une partie significative des salaires des fonctionnaires pourrait, dans un avenir proche, ne plus être couverte par les partenaires financiers internationaux. Cette perspective sombre, selon la COSCIPAC, risquerait d'aggraver de manière considérable la précarité déjà omniprésente des ménages centrafricains et de fragiliser davantage la stabilité sociale, déjà mise à rude épreuve en République centrafricaine. Face à cette menace économique et sociale, elle a appelé à une gestion beaucoup plus rigoureuse, transparente et responsable des finances publiques afin d'éviter cette éventualité catastrophique et de préserver le pouvoir d'achat des travailleurs de l'État.
Dans ce contexte de défis multiples et d'incertitudes croissantes, la COSCIPAC a lancé un appel solennel et urgent aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de la République centrafricaine. Elle les a exhortés à maintenir une pression constante et constructive sur le gouvernement de Bangui. L'objectif de cette pression diplomatique est de favoriser l'instauration d'un dialogue inclusif et constructif avec l'ensemble des forces vives de la nation, qu'il s'agisse de la société civile, de l'opposition ou d'autres acteurs clés. L'organisation estime qu'un tel dialogue est non seulement essentiel, mais indispensable pour trouver des solutions durables et consensuelles aux défis actuels du pays. Elle insiste sur le fait que ce dialogue est le seul moyen efficace d'éviter que des figures politiques, à l'instar d'Anicet-Georges Dologuélé, ne soient transformées en « bouc émissaire » ou en « bête à abattre », et de garantir ainsi la cohésion nationale et la stabilité démocratique.