Corruption endémique dans le système éducatif centrafricain, selon un ancien ministre

L’ancien ministre Élie Ouéfio, Président intérimaire du parti KNK
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Un ancien ministre centrafricain, Elie Oueifio, dénonce la corruption endémique qui gangrène le système éducatif en République centrafricaine (RCA), affectant directement les familles et compromettant l'avenir de la jeunesse. Selon Elie Oueifio, qui s'appuie sur son expérience d'ancien ministre et préfet, le système scolaire est profondément perturbé par des transactions financières illicites à tous les niveaux d'enseignement, depuis le primaire jusqu'à l'université. Ces mécanismes de corruption, qu'il observe et décrit, pèsent lourdement sur les ménages. Des parents sont contraints de verser régulièrement des sommes d'argent, parfois pour garantir une place à leurs enfants dans une école publique ou privée, ou même pour s'assurer qu'ils obtiennent des notes de passage lors des évaluations. Ces pratiques, devenues monnaie courante, illustrent la profondeur du problème.

Pratiques financières illicites généralisées

Ces pratiques illicites englobent des demandes variées et souvent dissimulées. Elles incluent notamment des achats obligatoires de fournitures scolaires spécifiques, souvent imposés par les établissements eux-mêmes, ainsi que des contributions exceptionnelles exigées par les administrations locales. Ces exigences financières, qui s'ajoutent aux frais de scolarité officiels, créent une charge imprévue et considérable pour les familles. Cette situation contraint les parents à des dépenses imprévues pour la scolarité de leurs enfants, transformant l'accès à l'éducation en un parcours semé d'obstacles financiers. La pression exercée sur les parents est constante, les forçant à des sacrifices importants pour que leurs enfants puissent poursuivre leur scolarité dans des conditions acceptables.

Négociations commerciales à l'université

Au niveau universitaire, la situation est tout aussi préoccupante. Les examens et les validations de session font l'objet de négociations commerciales directes entre certains enseignants et étudiants, selon les observations d'Elie Oueifio. La tricherie et le clientélisme ont supplanté le mérite académique dans les amphithéâtres universitaires de la capitale, où l'intégrité du processus d'évaluation est gravement compromise. Cette situation témoigne d'une érosion des standards éducatifs, où l'acquisition de connaissances est remplacée par des arrangements financiers opaques et des passe-droits. Les pratiques observées compromettent l'intégrité des diplômes délivrés, remettant en question la valeur et la reconnaissance des qualifications obtenues dans le système éducatif centrafricain. La méritocratie, pilier de tout système éducatif sain, semble avoir été reléguée au second plan face à l'appât du gain.

Silence des autorités face aux abus

Les plaintes soumises par les associations de parents d'élèves, qui dénoncent régulièrement ces abus, restent sans suite auprès des services de contrôle du ministère, selon des informations recueillies auprès de divers acteurs. Cette indifférence des autorités face aux signalements accentue la perception d'une impunité généralisée dans le système éducatif. De manière alarmante, les rapports officiels, censés rendre compte de l'état de l'éducation, ignorent délibérément ces abus quotidiens observés sur le terrain, ne reflétant pas la réalité des pratiques illicites généralisées. Ce silence institutionnel, perçu comme une forme de complicité passive, contribue à la pérennisation des mécanismes de corruption au sein de l'éducation centrafricaine, malgré les dénonciations régulières émanant de la société civile et des acteurs concernés, qui continuent d'alerter sur la gravité de la situation.

Impact sur l'accès à l'éducation et l'égalité des chances

Cette situation entrave de manière significative l'accès des enfants issus des milieux les plus défavorisés à l'éducation, selon l'ancien ministre Elie Oueifio. Elle compromet directement le principe d'égalité des chances et mine le droit fondamental à l'instruction pour tous les enfants de la République centrafricaine. Les exigences financières imposées aux familles, qu'il s'agisse de frais cachés ou de paiements informels, créent une barrière infranchissable pour ceux qui n'ont pas les moyens de les honorer. En conséquence, les enfants des foyers les plus pauvres se retrouvent exclus du système éducatif, ne pouvant pas accéder aux écoles, aux fournitures ou même aux notes nécessaires. Cette exclusion précoce perpétue ainsi un cycle de désavantage social et économique, privant une partie significative de la jeunesse de toute opportunité d'ascension sociale et de développement personnel à travers l'éducation.