Chaos interne à la MINUSCA : employés fantômes et retards de salaire secouent l'opération

Le Directeur de Mission de la MINUSCA.
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Des retards de paiement de salaires secouent actuellement le personnel de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) à Bangui. Cette situation tendue affecte particulièrement les employés contractuels et les journaliers de la mission, gérés par l'UNOPS. Djamaka, directeur adjoint de la MINUSCA, a justifié ces délais au sein de l'UNOPS par la découverte de 400 « employés fantômes ». Selon Djamaka, ces irrégularités font suite au « dernier recrutement massif de 1000 personnes, prévu au départ pour 300 postes, [qui] comptait des proches parmi les nouveaux employés. » Deux mois de salaire sont actuellement manquants pour ces employés, alimentant les tensions internes au sein de l'opération et suscitant de vives inquiétudes.

Les employés fantômes en cause

La découverte de plus de 400 « employés fantômes » au sein de la mission est identifiée comme la principale cause des retards de paiement, selon Djamaka, directeur adjoint de la MINUSCA. Ces irrégularités ont été mises en lumière à la suite d'un récent processus de recrutement qui a considérablement gonflé les effectifs. Le dernier recrutement massif a concerné un millier de personnes, alors qu'il était initialement prévu pour 300 postes seulement. Ce recrutement aurait également intégré des proches parmi les nouvelles embauches, contribuant ainsi à la situation actuelle d'effectifs pléthoriques et non justifiés. La MINUSCA, par le biais de l'UNOPS, est confrontée à un audit interne visant à assainir la gestion des ressources humaines et à clarifier les responsabilités, dans l'espoir de rétablir l'ordre et la transparence au sein de ses opérations.

Retards de salaire et crise financière

Les employés contractuels et les journaliers de la mission sont confrontés à des retards de paiement de salaire depuis un an, une situation qui a considérablement dégradé leurs conditions de vie. Djamaka, directeur adjoint de la MINUSCA, a affirmé que l'ONU traverse actuellement une crise financière mondiale, ce qui complique davantage la résolution de ces problèmes de trésorerie. Il a également précisé que le personnel national et international de la MINUSCA n'était pas affecté par ces retards de paiement, ce qui crée une disparité notable au sein de la mission. Djamaka avait précédemment indiqué que le dernier recrutement massif de 1000 personnes, prévu au départ pour 300 postes, comptait des proches parmi les nouveaux employés. Cette situation, combinée à la crise financière globale de l'ONU, contribue à la complexité des défis financiers et administratifs auxquels la mission est confrontée, nécessitant une approche urgente et coordonnée.

Un rassemblement sous tension

Un rassemblement d'employés contractuels et de journaliers de la MINUSCA, gérés par l'UNOPS, s'est tenu le jeudi 20 août. Cet événement visait à exprimer le mécontentement général face aux retards de paiement récurrents et à l'incertitude quant à leur avenir professionnel. Au cours de cet événement tendu, Rita, une employée contractuelle travaillant dans un entrepôt, a perdu connaissance et s'est effondrée. Cet incident a mis en évidence le stress et la détresse physique et émotionnelle que subissent les employés affectés par ces irrégularités de paiement. La scène a souligné la gravité de la situation et l'impact direct des problèmes administratifs sur la santé et le bien-être du personnel.

L'avenir incertain des opérations

Ni la MINUSCA ni l'UNOPS n'ont fourni de réponse précise concernant la méthode envisagée pour identifier et écarter les « employés fantômes » de la liste de paie. Cette absence de clarté laisse planer une incertitude quant à la résolution durable des problèmes de gestion des effectifs et au rétablissement d'une situation financière stable. La situation actuelle, marquée par des retards de paiement et la découverte d'irrégularités massives, soulève de sérieuses interrogations sur la capacité des deux entités à restaurer la confiance et à assurer la stabilité des opérations essentielles de la mission. Les mesures à venir pour assainir la situation sont attendues avec impatience par le personnel et les observateurs, alors que la mission fait face à une crise interne profonde qui menace son efficacité et sa crédibilité.