Ferdinand Alexandre N’Guendet, ancien président de transition de la République centrafricaine, a rompu son silence depuis son exil en publiant une déclaration écrite le 23 mai, jour de son anniversaire. Cette prise de parole marque un événement significatif dans le paysage politique centrafricain, compte tenu du statut de l'ancien dirigeant. L'ancien dirigeant a affirmé s'être exprimé après trois ans d'absence médiatique, période durant laquelle il avait maintenu un profil bas. N'Guendet avait fui Bangui il y a trois ans, à la suite d'une tentative d'arrestation qu'il a décrite comme une « attaque contre sa vie », un événement qui l'avait contraint à l'exil et au silence. Sa déclaration, diffusée largement, vise à relancer un débat national sur l'avenir du pays.
Critiques du régime actuel
Dans sa déclaration, Ferdinand Alexandre N’Guendet a vivement critiqué la gouvernance actuelle à Bangui, affirmant que le pouvoir y est concentré au sein d'un petit groupe guidé par des intérêts personnels. Cette concentration du pouvoir, selon lui, s'opère au détriment de l'intérêt général et de la population centrafricaine. L'ancien président de transition a exprimé son profond regret face aux citoyens qui, par complicité ou résignation, favorisent le système actuel qu'il accuse d'appauvrir la population. Il a souligné que cette situation conduit à une dégradation continue des conditions de vie pour la majorité des Centrafricains.
Poursuivant son analyse critique, N'Guendet a détaillé plusieurs griefs spécifiques, citant notamment les détentions arbitraires, une pratique qu'il dénonce comme une atteinte fondamentale aux droits humains. Il a également mis en lumière les coupures chroniques d'eau et d'électricité, des problèmes qui affectent quotidiennement la vie des citoyens et entravent le développement économique et social du pays. Il a dénoncé la spoliation des droits civiques fondamentaux, soulignant une érosion des libertés et des garanties démocratiques. Ces éléments, selon N'Guendet, témoignent d'une gouvernance défaillante et autoritaire. L'ancien dirigeant a également reconnu l'échec définitif des initiatives de compromis avec le gouvernement en place, indiquant que toutes les tentatives de dialogue constructif ont été vaines. Il estime par ailleurs que les canaux de dialogue politique sont hermétiquement clos, rendant toute résolution pacifique et négociée de la crise actuelle extrêmement difficile, voire impossible, dans le cadre institutionnel existant.
Appel à l'union et à la libération
Ferdinand Alexandre N’Guendet se positionne comme le porte-parole des citoyens désireux de recouvrer leur pleine souveraineté, selon sa déclaration. Il exprime la voix de ceux qui aspirent à un changement profond et à une véritable autonomie nationale. L'ancien président de transition a appelé à un engagement total pour la restauration de la démocratie et de l'État de droit dans le pays, des principes qu'il considère comme indispensables à la stabilité et à la prospérité de la République centrafricaine. Il a également exhorté à une introspection collective devant mener à une « union sacrée », un concept qu'il promeut pour transcender les divisions et les intérêts partisans. Cette union, selon N'Guendet, est essentielle pour faire face aux défis actuels et futurs du pays.
Son appel s'adresse principalement aux Forces armées centrafricaines (FACA) et aux forces de sécurité intérieure, précisant leur rôle clé dans la protection des citoyens et le maintien de l'ordre républicain. N'Guendet les enjoint, ainsi que la société civile, à mettre de côté les ambitions sectorielles afin de se concentrer sur la libération du peuple. Il insiste sur le fait que l'unité et la solidarité de toutes les composantes de la nation sont la clé pour surmonter les obstacles et rétablir la dignité nationale. Il appelle à un ralliement de toutes les forces vives du pays autour d'un projet commun de refondation nationale, loin des clivages politiques et ethniques.
Rôle des alliés étrangers
Dans sa déclaration, Ferdinand Alexandre N’Guendet a explicitement désigné la Fédération de Russie et la République du Rwanda comme les principaux alliés militaires du régime de Bangui. Il a reconnu leur présence et leur influence dans le pays, soulignant l'importance de leur rôle actuel. L'ancien président de transition a néanmoins précisé que son initiative de réconciliation ne visait pas à rompre les traités bilatéraux existants avec ces nations. Il a affirmé que l'objectif n'était pas de créer de nouvelles tensions diplomatiques, mais plutôt de clarifier les attentes envers ces partenaires. Selon N’Guendet, une neutralité absolue de la Fédération de Russie et de la République du Rwanda est requise concernant la situation centrafricaine. Il a insisté sur le fait que ces puissances ne devraient pas prendre parti dans les affaires intérieures du pays, mais plutôt adopter une posture de non-ingérence. Il a par ailleurs affirmé que la résolution de la situation politique relevait exclusivement de la compétence des Centrafricains eux-mêmes, soulignant l'importance de l'autodétermination nationale.
Position et aspirations
Ferdinand Alexandre N’Guendet a souligné que son projet de réconciliation nationale ne cherchait pas à s’inscrire dans une dynamique d’opposition aux puissances étrangères ou aux partenaires traditionnels. Son approche est plutôt axée sur la reconstruction interne et la souveraineté nationale. L'ancien président de transition a d’ailleurs affirmé ne pas avoir de préférences quant aux alliances futures que le pays pourrait conclure, tant que celles-ci servent les intérêts du peuple centrafricain et respectent la souveraineté nationale. Il a précisé que la République centrafricaine devait avant tout se doter d'un gouvernement légitime et accepté par tous, issu d'un processus démocratique transparent et inclusif. Un tel gouvernement serait la pierre angulaire d'une stabilité durable. N’Guendet a également exprimé son aspiration à voir le pays retrouver sa souveraineté pleine et entière, loin des ingérences extérieures, et à établir des relations internationales basées sur le respect mutuel. Il a conclu en appelant à une mobilisation générale pour un avenir meilleur, fondé sur la justice, la démocratie et la paix pour tous les Centrafricains.