Anicet-Georges Dologuelé, ancien Premier ministre, a tenu une conférence de presse le mercredi 6 mai 2026 à Bangui, en République centrafricaine. À cette occasion, M. Dologuelé a dénoncé être empêché de voyager et privé de son passeport. Cette situation perdure en dépit d'une décision du Conseil Constitutionnel, qui avait pourtant statué en sa faveur. L'homme politique, figure de l'opposition, s'est exprimé sur les entraves à sa liberté de mouvement, un sujet central de sa prise de parole dans la capitale centrafricaine.
Accusations de contrôle clanique
Anicet-Georges Dologuelé a affirmé que la justice et l'administration de la République centrafricaine seraient désormais sous le contrôle d'un unique clan, le Ngbakamandja. L'ancien Premier ministre a dénoncé une concentration du pouvoir qui, selon lui, affecte le fonctionnement des institutions étatiques.
L'homme politique a également accusé le régime en place d'utiliser des ressources publiques pour mener des actions contre ses adversaires politiques dans leurs propres circonscriptions électorales. M. Dologuelé a souligné que cette pratique représenterait un détournement des moyens de l'État à des fins partisanes, visant à affaiblir l'opposition sur son propre terrain politique.
Contexte politique tendu
Le contexte de ces déclarations intervient quelques semaines après la cérémonie de « sacre » de Faustin-Archange Touadera. Cet événement, qui a marqué son investiture, s'est déroulé le 30 mars 2026 au stade de 20 000 places. La tenue de cette cérémonie, perçue comme un moment fort du mandat présidentiel, précède les critiques formulées par Anicet-Georges Dologuelé concernant la gouvernance actuelle. Les accusations de l'ancien Premier ministre s'inscrivent ainsi dans une période où le pouvoir en place consolide sa position. Cette situation politique est marquée par une divergence croissante entre l'opposition et la présidence, accentuant les tensions au sein de la République centrafricaine.
Critiques sur l'administration
L'ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuelé a également formulé des critiques concernant le fonctionnement des institutions. Selon M. Dologuelé, la République centrafricaine abandonnerait les procédures légales établies au profit d'ordres verbaux arbitraires. Cette observation suggère une dérive dans la gouvernance du pays, où les décisions seraient prises sans respecter le cadre juridique en vigueur. Une telle pratique, dénoncée par l'homme politique, soulève des questions sur l'état de droit et la transparence administrative. Il a ainsi mis en lumière une détérioration perçue des fondements légaux de l'administration publique, où la primauté du droit serait supplantée par des directives informelles.
Position de l'opposition
Anicet-Georges Dologuelé, qui préside l'Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA), a ainsi articulé la position de l'opposition face à la situation politique actuelle. Sa conférence de presse s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes, où les critiques formulées par des figures politiques comme lui visent à alerter sur la dérive perçue des institutions. En tant que leader de l'URCA, M. Dologuelé représente une voix significative de contestation au sein du paysage politique centrafricain. Ses déclarations à Bangui mettent en lumière les préoccupations d'une partie de la population et des acteurs politiques quant à la gouvernance du pays, soulignant l'importance de son rôle dans l'expression de ces doléances.