Analyste Fari Tahéruka Shabazz décrypte les déclarations du Ministre de l'Économie de RCA : Faillite financière imminente ?

Marc Mandaba, ministre chargé de l'économie, du plan et de la coopération internationale
Photo via Corbeaunews-centrafrique

L'analyste Fari Tahéruka Shabazz a décrypté une interview télévisée du ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, diffusée le lundi 8 mai 2026 sur Africa 24 TV. Cette intervention du ministre Mandaba s'est déroulée au Congo, en marge de la 61ème Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement. Dans un article daté du 15 juin 2026, Fari Tahéruka Shabazz a analysé les propos du ministre, affirmant que son discours contenait des « pépites intéressantes » et qu'il avait « soutenu des positions audacieuses ». L'analyste a précisé : « Il a surtout [nous] informé indirectement sur l’état de santé réel des finances publiques centrafricaines. C’est ce décryptage là que je m’efforce de produire pour éclairer nos compatriotes, notamment ceux à qui nous répétons que les caisses de l’État centrafricain sont absolument vides et que d’ici septembre à octobre 2026, Touadéra sera en incapacité totale d’assurer le paiement des salaires des fonctionnaires, des pensions et des bourses. » Cette analyse, publiée près d'un mois après l'interview du ministre, offre une perspective critique sur les perspectives économiques de la République Centrafricaine.

Les propos du ministre décortiqués et l'analyse de Shabazz

Selon Fari Tahéruka Shabazz, le ministre Marc Mandaba a affirmé que le capital du pays se trouvait « sous leurs pieds », précisant que la République centrafricaine évolue dans un « monde de ressources naturelles, et non un monde financier ». L'analyste interprète cette insistance du ministre sur les ressources naturelles comme un aveu explicite de l'état des caisses de l'État, qu'il estime vides à court terme. Cette déclaration du ministre, soulignant la richesse du sous-sol centrafricain, est perçue par Shabazz comme une tentative de détourner l'attention de la situation financière immédiate et pressante.

Fari Tahéruka Shabazz a également relevé la « présentation impeccable, l'élocution remarquable et l'excellente articulation des idées » du ministre Marc Mandaba lors de son intervention télévisée. Cependant, au-delà de la forme, l'analyste soutient que le gouvernement ne dispose d'aucune marge de manœuvre budgétaire immédiate et qu'il hypothèque l'avenir sur des réserves minières non encore extraites, qui seraient, selon lui, aux mains des mercenaires russes de Wagner. Cette dépendance envers des ressources non encore exploitées et potentiellement contrôlées par des acteurs externes soulève des questions sur la souveraineté économique et la capacité de l'État à générer des revenus stables à court et moyen terme.

Lors de son interview, le ministre Marc Mandaba a éludé les questions relatives aux recettes fiscales et à la digitalisation des encaissements, réorientant la discussion vers le secteur minier et indiquant que ces sujets relevaient du ministre des Finances et du Budget. Fari Tahéruka Shabazz y voit la preuve que les régies financières ne génèrent pas des flux satisfaisants et que l'État est incapable de collecter les taxes nécessaires pour renflouer ses caisses. L'évitement de ces sujets cruciaux est interprété comme un signe que les mécanismes traditionnels de collecte de revenus de l'État sont défaillants ou insuffisants pour couvrir les dépenses publiques.

Le ministre a de plus mis l'accent sur l'attraction de capitaux auprès d'investisseurs africains, plutôt que d'investisseurs étrangers. D'après Fari Tahéruka Shabazz, cette orientation marque un signal d'isolement international complet du pays et la fermeture des canaux d'aide internationale. Cette focalisation sur les investisseurs africains est analysée comme une conséquence de la détérioration des relations avec les partenaires financiers internationaux traditionnels, forçant le pays à chercher des alternatives régionales pour son financement.

Indicateurs de détresse financière selon l'analyste

Le ministre Marc Mandaba a indiqué que le coût de la liquidité au sein de la zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale) se situait aux alentours de 5 %. Il a ajouté que l'État émet des obligations ou des titres souverains à des taux avoisinant 8 %, 10 %, ou même 11 %. Fari Tahéruka Shabazz interprète ce recours à des emprunts à court terme et à des taux aussi élevés pour couvrir les dépenses courantes comme un signe d'asphyxie financière totale, selon son analyse. Ces taux d'emprunt, significativement supérieurs au coût de la liquidité régionale, témoignent d'une perception de risque élevée par les marchés et d'une difficulté croissante pour l'État à se financer à des conditions acceptables. Le fait que l'État doive payer des intérêts aussi élevés pour des besoins de financement à court terme est un indicateur clair de sa situation précaire.

Marc Mandaba a également révélé que le président Faustin Archange Touadéra avait officiellement adressé une demande à l'Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA) afin d'obtenir des garanties souveraines. Ce recours, selon Fari Tahéruka Shabazz, intervient alors que le Fonds monétaire international (FMI) et d'autres institutions financières internationales ont interdit à la République centrafricaine (RCA) d'émettre de telles garanties. Cette interdiction serait due à la mauvaise situation de la trésorerie de l'État, d'après l'analyste. La recherche de garanties souveraines auprès de l'ACA, malgré les interdictions des grandes institutions financières internationales, est perçue par Shabazz comme une tentative désespérée de trouver des solutions de financement face à l'incapacité de satisfaire les exigences des créanciers traditionnels, soulignant ainsi la gravité de la crise de confiance et la faiblesse structurelle des finances publiques centrafricaines.

Prédictions alarmantes pour l'avenir

Fari Tahéruka Shabazz prédit une crise financière majeure pour la République centrafricaine dans les mois à venir. Selon l'analyste, d'ici septembre à octobre 2026, le président Faustin Archange Touadéra se trouvera en « incapacité totale d’assurer le paiement des salaires des fonctionnaires, des pensions et des bourses ». Cette prédiction découle de son analyse approfondie des déclarations du ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, qui, selon Shabazz, a indirectement révélé la gravité de la situation financière du pays. L'interprétation des propos du ministre par Shabazz met en lumière une dépendance accrue aux ressources naturelles non encore exploitées et une absence de marge de manœuvre budgétaire immédiate. Les difficultés alléguées dans la collecte des recettes fiscales et la digitalisation des encaissements contribueraient également à cette situation. L'analyste insiste sur le fait que les caisses de l'État seraient « absolument vides », conduisant à cette échéance critique pour le paiement des obligations sociales de l'État. Cette incapacité à honorer des engagements fondamentaux de l'État aurait des répercussions sociales et économiques considérables, potentiellement déstabilisatrices pour le pays.